Vainqueur du Paris SG (3-1), Lille qui vient d'aligner sept victoires de suite en L1 s'affirme de plus en plus comme un véritable prétendant même si pour l'instant l'entraîneur comme les joueurs gardent un discours très mesuré.
La trêve, le départ à la CAN de trois joueurs, dont son meilleur buteur, l'Ivoirien Gervinho, rien ne semble perturber cette équipe lilloise qui n'a plus perdu depuis le 22 novembre à Montpellier (2-0) en L1. L'efficacité est équivalente, la confiance analogue, l'envie similaire.
Jeudi, Rennes en Coupe de la Ligue avait tenu avant de céder en prolongation face à la puissance nordiste (3-1). Samedi, le PSG n'a quasiment pas existé, naufragé dans un tourbillon de passes, de mouvements bien trop rapides pour lui.
Avec des buts de Béria, Balmont et Obraniak, la meilleure attaque de la L1 (40 buts) a évacué la crainte sous-jacente, en décembre, d'une certaine Gervinho-dépendance. Contrairement à la saison dernière pendant laquelle elle avait souffert de Bastos-dépendance.
"Les buteurs de ce soir (samedi) prouvent la grande complémentarité du groupe", constate le gardien Mickaël Landreau. "Ca souligne l'osmose qui règne dans le groupe. Tout le monde est capable de se montrer décisif", témoigne le défenseur-buteur Franck Béria.
Rudi Garcia, qui avoue "se sentir bien" à la deuxième place, apprécie surtout "l'état d'esprit" et le plaisir que prennent les joueurs à "chercher ensemble ce type de performance", à donner le meilleur quoi qu'il se passe. Et se félicite "des progrès dans la gestion du score".
"Pas un hasard"
Cependant, les Lillois ne se voient pas plus beaux qu'ils ne le sont. L'entraîneur n'a pas besoin de piqûre de rappel pour que ses joueurs se souviennent que "tout reste fragile", que "Lille n'est pas seul à lutter pour les places européennes".
"Nous sommes actuellement en deuxième position mais l'important, c'est surtout de demeurer au contact de ce peloton de tête ultra-serré", affirme le capitaine Rio Mavuba. "Si nous sommes là, ce n'est pas un hasard. Mais ne nous enflammons pas, conservons notre mental", complète Landreau.
La crainte est finalement que la belle mécanique se grippe. "Plein de choses peuvent se dérégler. C'est une affaire de détails", estime Garcia qui prend l'exemple de suspensions ou de blessures alors que le LOSC n'a pas un effectif infini.
Une des priorités est d'ailleurs de recruter un défenseur axial, Plestan (adducteurs), absent depuis octobre, étant indisponible pour encore deux à trois mois. Le président Michel Seydoux a laissé entendre qu'il fera un effort financier, d'autant qu'il doit préparer le départ d'Adil Rami en fin de saison.
Avec à son tableau de chasse, Bordeaux (2-0), Valenciennes (4-0), Lyon (4-3), Saint-Etienne (4-0), Monaco (0-4) Le Mans (3-0), Nancy (0-4) et Paris (3-1), Lille c'est tout de même du sérieux. Et les Sochaliens qui reçoivent les Dogues mercredi (21e journée) ont tout à craindre de cette meute actuellement indomptable.
