Auteur d'une charge litigieuse sur Mandanda, à l'origine du but contre son camp du gardien marseillais, Marouane Chamakh a failli faire basculer le choc de la L1 conclu par un nul entre Bordeaux et Marseille (1-1), dimanche, prouvant une nouvelle fois son importance dans le dispositif girondin.

Le Marocain est décidément un attaquant atypique, le genre de joueur qui brille moins par ses statistiques personnelles que par son influence et son rôle crucial dans l'organisation de son équipe. Face à l'OM, nulle mention de son nom au tableau d'affichage alors que c'est bien lui qui a fait la différence, poussant à la faute le malheureux Steve Mandanda et par ricochet l'arbitre, M. Duhamel.

Juste avant la pause (45+1), Chamakh s'est ainsi détendu plus haut que le portier marseillais pour tenter de récupérer un centre de Ciani. Le Bordelais n'a pas touché le ballon mais la pression dans les airs exercée sur Mandanda a été fatale à ce dernier.

L'égalisation de Cheyrou en fin de partie a certes ruiné une partie de son oeuvre, mais Chamakh aura marqué de son empreinte cette affiche contre l'OM.

L'action à l'origine du but bordelais est d'ailleurs une sorte de résumé du rôle joué par l'international marocain à Bordeaux. Alors que les attaquants sont obnubilés par le but et peuvent irriter par un excès d'individualisme, lui ne jure que par le collectif. Son jeu en remise, son apport dans le domaine aérien sont précieux et sont sans aucun doute l'une des clés de la domination bordelaise sur le Championnat depuis une saison et demie.

S'il ne fallait se fier qu'aux chiffres, Chamakh passerait pourtant pour un joueur très commun, ses 13 buts du dernier exercice constituant un record dans une carrière professionnelle débutée en Gironde en 2002-03. Cette saison, Chamakh n'a d'ailleurs pas retrouvé plus d'efficacité, restant planté à six unités.

Le Marocain, âgé de 25 ans, ne sera jamais un +serial buteur+ mais Bordeaux n'évoluerait sûrement pas à au plus haut niveau sans son sens du sacrifice. Ce qui explique le refus catégorique des dirigeants girondins cet été alors que le joueur avait fait d'un départ en Angleterre sa priorité. Chamakh a râlé mais sans jamais aller au +clash+ avant d'accepter d'honorer sa dernière année de contrat à Bordeaux.

Dimanche, son duel avec son grand ami Souleymane Diawara était attendu. Chamakh a souffert devant les tacles rugueux de son ancien partenaire sans broncher. Il n'a pratiquement eu aucune occasion à se mettre sous la dent mais c'est bien lui qui a réussi à faire la différence pour son équipe grâce à son engagement de tous les instants. Du Chamakh pur jus.