Bordeaux a maintenu un écart confortable sur Marseille mais aussi sur Lille: c'est l'enseignement majeur du match de gala de dimanche, attendu comme un tournant, une nouvelle fois polémique, mais finalement trop précoce dans la demi-saison pour livrer une véritable tendance.
De 11 points d'écart à l'entame de cette 20e journée, on a failli passer à 14 mais aussi se retrouver à huit en l'espace de dix minutes. Au final, le matelas de points d'avance des Bordelais n'a pas bougé, au grand dam d'un OM, qui, au-delà de s'être senti floué, a perdu une belle occasion de recoller un peu.
Alors qu'on attendait les Marseillais conquérants, obligés d'en imposer pour réduire l'écart au classement, c'est la maîtrise du champion de France qui a animé la première heure. Concernés et appliqués à défaut d'être brillants ou vraiment dangereux, les hommes de Laurent Blanc ont su dicter leur loi.
"Pendant une heure, les Marseillais ont dû se poser la question de savoir comment ils pouvaient prendre des points à Bordeaux", confie Blanc, souriant au fait qu'"il y a beaucoup de gens à Marseille qui n'ont fait l'analyse que sur les 20 dernières minutes".
Lille, grand bénéficiaire ?
Dans quelques mois, à l'évocation de cette partie, on se souviendra d'une décision arbitrale litigieuse de M. Duhamel -charge aérienne de Chamakh sur Mandanda- qui a changé l'histoire de ce face-à-face de ténors, comme ce fut déjà le cas au match aller (0-0) en août dernier avec un but refusé à Jussiê en fin de match pour une faute peu évidente de Ciani sanctionnée par M. Gautier.
On se rappellera aussi de l'expulsion plutôt logique, même s'il n'était pas dernier défenseur, de Marc Planus (61). "Il y a faute mais les circonstances du match ont poussé l'arbitre à mettre un carton rouge", estime Blanc.
En infériorité numérique, Bordeaux a tangué comme rarement défensivement sous l'ère Blanc, pour finir asphyxié, autant par l'envie collective des Phocéens que par un manque de souffle flagrant en cette période de reprise.
Et de remettre le couvert avec le report du match au Mans en Coupe de la Ligue jugé "préjudiciable", explication raisonnée des souffrances finales vécues par ses joueurs.
"Ce n'est un secret pour personne: ce match constituait un tournant", regrettait le milieu olympien Benoît Cheyrou dimanche soir. Et le grand bénéficiaire pourrait bien avoir pour nom... Lille, qui se rapproche à sept points des Girondins.
"Cela ne me surprend pas trop de les voir dans cette position, ils ne lâcheront rien jusqu'au bout, ils sont potentiellement candidats pour le titre", estime le capitaine bordelais Alou Diarra.
Le Président est moins formel, plus dans l'expectative. "Je ne veux pas minimiser ce que fait Lille, poursuit Blanc. Si Lille en est là, c'est qu'il ne l'a pas volé. C'est très bien, mais attendons de voir. Ils sont dans le haut du tableau, il va y avoir de la pression..."
