Attentiste voire timoré en première période, audacieux et même séduisant en seconde: Marseille a offert dimanche à Bordeaux lors du sommet de la L1 (1-1) un visage contrasté, qui épouse finalement la physionomie de sa saison mais altère un peu plus les espoirs de titre.
"Gagner à Bordeaux ne sera pas tellement important comptablement, mais constituerait un déclic psychologique par rapport à nos capacités", assurait le milieu Fabrice Abriel avant ce match qui cristallisait toutes les attentes marseillaises.
Après la déroute infligée par Auxerre au Vélodrome avant Noël (0-2), l'OM s'était surtout fixé un rendez-vous avec... lui-même à Bordeaux. Les hommes de Didier Deschamps voulaient avant tout se prouver -- prouver accessoirement aussi aux autres équipes -- qu'ils avaient en eux le potentiel pour traiter d'égal à égal avec un champion aussi dominant que les Girondins.
Au lendemain de cette sorte d'opération-vérité, l'OM se retrouve au milieu du gué, un poil plus près cependant de la rive de sortie.
Arithmétiquement, ce match nul ne le contente évidemment en rien. Il lui permet tout juste de mener le peloton des 4e, là où une victoire l'aurait placé dans le sillage des irrésistibles Lillois. Bien négocié, le match en retard contre Sochaux lui permettrait de s'emparer de la 3e place, en espérant, spécialité maison, une fin d'hiver et un printemps qui chantent.
Sur le contenu, l'analyse est quelque peu brouillée par la polémique autour du but accordé à Chamakh, suite à une faute avérée sur le gardien Steve Mandanda. Sans ce but entaché d'irrégularités, l'OM serait reparti la victoire en poche.
Spectateur
Mais ce fait de jeu ne saurait occulter une première période bien craintive, où, à trop vouloir défendre -- parfois fort bien, notamment sur les coups de pieds arrêtés -- l'OM n'a pas su attaquer et s'est souvent comporté en spectateur, comme sur la montée de Ciani amenant l'ouverture du score.
"Je sais que nous avons fait une première mi-temps avec une utilisation du ballon très moyenne", a d'ailleurs convenu Deschamps lundi. Sous cet angle, le match nul n'est pas immérité, même devant des Girondins moins conquérants que de coutume.
L'ambition affichée par l'OM dans le jeu après la pause est évidemment plus conforme au statut prêté au 2e budget de L1.
Aidés certes par l'exclusion de Chalmé, les Marseillais ont su s'imposer athlétiquement pour étouffer les Bordelais, et exploiter enfin au mieux les espaces, sans oublier les ailes. On croyait là retrouver l'OM en mode rouleau-compresseur de l'automne. Niang et Brandao au combat, Lucho en accélérateur du jeu, Ben Arfa et Valbuena (sur le départ) insaisissables: Marseille possède dans son propre stock les arguments pour défier le champion.
Son souci, comme souvent, demeure donc la régularité. "Quand on réagit, en football, c'est qu'on a déjà un temps de retard. Je fais en sorte que l'on agisse et que l'on prenne les choses en mains. C'est parfois difficile en raison de la qualité de l'adversaire, mais nous avons aussi quelques manques dans ce domaine. C'est une question d'état d'esprit", analyse à juste titre Deschamps.
