Impressionnant dimanche face à Marseille (1-1), Michaël Ciani tient un rôle important dans la bonne tenue défensive de Bordeaux cette saison, en alliant puissance et prises de risques calculées à une concentration nouvelle qui en font un prétendant sérieux aux Bleus.

Venu superviser les internationaux Gourcuff, Diarra, Carrasso et Mandanda lors du choc de la 20e journée de L1, Bruno Martini, adjoint du sélectionneur Raymond Domenech, a sans doute pu apprécier les progrès de l'ex-Lorientais de 25 ans.

Contre l'OM, Ciani (1,89, 88 kg) a confirmé son talent, il a été précieux dans les airs et rapide, à un poste de défenseur central qui, depuis des années, manque de taille et de vivacité en France.

La présence de l'ancien gardien de but des Bleus, Ciani l'ignorait, mais "qu'il soit là ou pas là, je fais le même boulot, de bonnes performances pour mon club". Pour la prochaine liste, en mars, il se dit "avoir le temps", de dépendre "aussi du collectif". "Essayons de garder notre première place, de finir meilleure défense et ça pourra m'aider", poursuit-il.

Finalement, sa sortie majuscule contre l'OM n'est que la suite logique de ce qu'il montre depuis six mois en Gironde: un pourcentage de duels gagnés qui force le respect, doublé d'une présence physique intimidante et d'un sens pour couper les trajectoires.

"L'erreur serait d'en faire trop"
Malgré la pression inhérente, Ciani s'est même permis le luxe de débloquer ce match fermé en partant de sa moitié de terrain dans une longue chevauchée couloir droit conclue par un centre à l'origine du but girondin. "Je ne vais pas le faire à tous les matches, c'est l'instinct, sourit le défenseur. Le coach aime ça, cela fait partie du jeu. Quand on a de l'espace, il faut créer le surnombre. C'est selon les matches. L'erreur serait d'en faire trop".

Après s'être déjà fait remarquer à l'automne avec deux buts en Ligue des champions, dont une talonnade aérienne contre le Bayern Munich (2-1), Ciani semble avoir franchi un nouveau cap, avouant une progression "dans la sérénité et la concentration surtout".

"C'était mon plus gros défaut, reconnaît-il. Rester concentré pendant 90 minutes, c'est facile à dire mais c'est complexe. Etre tout le temps attentif permet d'être tout le temps en mouvement, d'anticiper les coups".

Pour cela, il avoue "beaucoup dialoguer", que ce soit "avec Marc (Planus) ou avec Alou (Diarra), qui dirige, qui n'est jamais content, avec qui on s'en prend plein le visage (sic)" (rires).

Et de rappeler au final les propos de Christian Gourcuff, son ancien coach en Bretagne, qui disait qu'"un grand club me permettrait de faire moins d'erreurs et de me concentrer, notamment, car il allait y avoir plus de pression et que j'aurais moins le droit à l'erreur. C'est tout ce contexte-là qui m'aide à progresser".