Pas épargné par les blessures au long cours cette saison, Marseille doit désormais faire face pour environ un mois à celle de son défenseur argentin Gabriel Heinze, l'un des leaders d'un groupe appelé à se remobiliser pour ne pas décrocher du podium.

Monté à l'assaut du but bordelais dans une fin de match à sens unique dimanche, Heinze a stoppé sa course, victime d'un mal identifié sans peine: claquage aux ischio-jambiers de la cuisse droite. Verdict immédiat: un arrêt de l'ordre de quatre semaines.

Cette sombre nouvelle contrarie le coach marseillais Didier Deschamps, déjà confronté plus tôt à d'autres blessures de durée similaire de titulaires, comme le milieu Lucho Gonzalez par trois fois (fracture de la clavicule, entorse à une cheville puis distorsion d'un ligament d'un genou), l'attaquant Mamadou Niang (entorse à une épaule) ou le défenseur Souleymane Diawara (lésion aux ischio-jambiers).

"Je perds un joueur important, un de plus. A cette période, avec les absents (les joueurs partis à la CAN), c'est toujours problématique", a déploré Deschamps lundi.

De fait, l'international argentin est un pion essentiel de la formation marseillaise. Titulaire lors des 16 matches qu'il a disputés cette saison en L1, l'ancien du Real Madrid constitue l'une des meilleures pioches du recrutement estival. En maintes occasions, et notamment lors des grands rendez-vous de Ligue des champions où il a aussi été deux fois buteur (à Zurich et contre le Milan AC), il s'est montré à la hauteur de l'événement, affichant l'esprit combatif que Deschamps attend de l'ensemble de son groupe.

"Besoin de lui"
"Il a cette agressivité, cette hargne, l'équipe a besoin de lui", disait encore Deschamps avant la trêve. Décalé de la charnière au flanc gauche de la défense, en l'absence du Nigérian Taiwo parti à la CAN, Heinze devrait être remplacé par le latéral droit Laurent Bonnart, qui a régulièrement joué à gauche lorsqu'il évoluait au Mans. A moins que Deschamps ne décide d'aligner Cyril Rool, un spécialiste du poste.

Blessé lui aussi deux fois cette saison (entorse au genou puis tendon d'Achille), Rool est en manque de rythme évident. Cantonné au rôle de remplaçant, il a repris samedi avec la CFA2, pour retrouver temps de jeu et sensations.

Si Bonnart glissait à gauche, le couloir droit devrait alors être occupé par le jeune Garry Bocaly (21 ans). Guère réputé pour son allant offensif (17 buts inscrits, 4e plus mauvaise attaque de L1), Le Mans ne sera pas forcément le client idéal pour jauger de la qualité de cette défense relookée.

L'enjeu de ce match devrait se situer ailleurs: dans la capacité de l'équipe, revenue déçue de Bordeaux (1-1), où elle s'est montrée trop timorée toute la première mi-temps pour espérer et mériter mieux, à "entamer le match pied au plancher" comme le souhaite Deschamps. Histoire de ne pas alimenter encore la machine à regrets.