Une troisième défaite de rang, des joueurs incapables de réagir, un entraîneur à court de solutions et des supporters qui font entendre leur colère: l'année 2010 a fait ressurgir le spectre de la crise au PSG, quasiment condamné à terminer la saison dans l'anonymat du milieu de tableau.
Une série noire
Sur le plan strictement sportif, Paris ne sait plus à quel saint se vouer. Après deux prestations indigentes à Guingamp (en Coupe de la Ligue) et à Lille (en L1), logiquement sanctionnées par deux revers, le club de la capitale a affiché contre Monaco un visage bien plus conquérant mais le résultat a été en tout point similaire (défaite 1-0). La grossière erreur d'Edel, une semaine après celle de Sakho au Roudourou, et les nombreuses occasions manquées de Luyindula sont bel et bien le signe d'une fébrilité générale dans un groupe qui voit petit à petit s'envoler ses derniers espoirs d'accrocher une qualification européenne, un objectif auquel s'accrochent pourtant toujours les dirigeants et l'encadrement parisiens. Si le PSG (11e) ne risque pas d'être concerné par la lutte pour le maintien, comme en 2007-08 et 2008-09, il s'est enfoncé dans une terrible crise sportive dont il aura du mal à se relever. D'autant que lors de la prochaine journée, Paris devra négocier un voyage périlleux à Lyon, le 31 janvier.
Des cadres invisibles
L'absence de révolte et l'incapacité des cadres à tirer l'équipe vers le haut deviennent problématiques au moment où elle a le plus besoin d'être secouée. Hormis le capitaine Claude Makelele, personne ne semble vouloir donner de la voix et réveiller une formation qui sombre en silence. Il est surtout devenu de plus en plus délicat pour les autres +tauliers+ (Armand, Giuly, Luyindula, Camara) de prendre les devants alors que leurs performances individuelles sont loin d'être à la hauteur. La longue indisponibilité de Coupet (gravement blessé à la cheville en novembre), l'un des rares Parisiens à avoir l'âme d'un leader, prive en outre Antoine Kombouaré d'un solide relais au sein du groupe.
Kombouaré et la méthode Coué
L'entraîneur parisien ne semble pas avoir conscience des dangers qui guettent son équipe et de son inexorable agonie. "Je suis déçu du résultat, mais j'ai aimé le comportement des joueurs, a-t-il déclaré mercredi au coup de sifflet final. C'est rageant, il y a énormément de frustration mais j'ai enfin retrouvé une équipe. J'ai énormément aimé la façon dont on s'est comporté. On va repartir de l'avant". Ce discours, totalement déconnecté de la réalité, a atteint ses limites. Mais le plus grave, c'est que les joueurs semblent être à l'unisson. "On n'a pas abdiqué, a ainsi affirmé Luyindula. Lors des crises passées, quand ça se passait comme ça, en plus on ne jouait pas bien".
Des supporteurs à bout de nerfs
Les mauvais résultats du club de la capitale coïncident avec de nouvelles tensions parmi les fans parisiens, avec le réveil du vieil antagonisme entre les tribunes Auteuil et Boulogne. Contre Lille, samedi, les supporteurs des deux kops se sont affrontés dans les travées du stadium Nord de Villeneuve d'Ascq avant de copieusement s'insulter mercredi en cours de match. Mais la défaite face à Monaco a également libéré la parole contre l'actionnaire, des "Colony, démission" et d'autres slogans bien plus injurieux contre Sébastien Bazin, président du conseil de surveillance, ayant fusé au Parc des Princes. Cette colère épargne pour le moment les joueurs. Jeudi au Camp des Loges, seule une dizaine de supporteurs sont ainsi venus assister au décrassage, signe qu'une certaine résignation a gagné les fidèles du club parisien.
