Après avoir esquivé tous les pièges tendus depuis la reprise, Marseille, dont les cadres de la saison dernière retrouvent leur impact, s'apprête à traverser une nouvelle semaine périlleuse avec la réception mercredi en Coupe de la Ligue de Lille, son coriace concurrent en championnat.
Le second test majeur de l'OM aura lieu samedi en championnat à Montpellier, à guichets fermés, face à l'étonnant 2e de L1. Autant dire que cette équipe invaincue en janvier (trois victoires et un nul -- chez le champion Bordeaux -- en 4 matches) sera soumise à rude épreuve pour arriver à bon port de cette période que redoutait particulièrement le coach Didier Deschamps.
L'OM ne se permettra pas de faire l'impasse sur la Coupe de la Ligue mercredi, tant décriée par ailleurs.
D'abord parce que, même si son objectif principal demeure le championnat, le club dispose d'un effectif suffisamment riche pour encaisser la succession des matches. Le recrutement estival a précisément visé à doubler les postes: malgré les absences dues à la CAN (Mbia, Koné, Taiwo) et les blessures (Heinze et Morientes) le second budget de L1 possède des solutions alternatives.
"On aura +l'équipe-type+. Je ne pense pas pouvoir me permettre de faire ce qu'a fait Rudi Garcia (l'entraîneur lillois, qui a fait jouer ses remplaçants devant Colmar en coupe de France dont le Losc a été éliminé, ndlr). C'est l'avantage d'être dans un club moins médiatisé... Chacun fait ce qu'il veut. Mais si Marseille avait agi ainsi, cela aurait fait beaucoup de foin", explique Deschamps.
Le passif de l'histoire pousse également l'OM à prendre cette épreuve au sérieux. Sans titre depuis 1993, Marseille y voit un moyen de rouvrir l'armoire aux trophées. Eliminé par Sochaux dès les 16e de finale la saison dernière, l'OM n'a jamais franchi le cap des demies: c'était en 2003, devant Monaco, dirigé alors par... Deschamps qui remporta en finale son premier titre d'entraîneur.
Retours en grâce
Celui-ci a beau pester aujourd'hui contre les "calendriers surchargés" et assurer que seul un championnat à 18 clubs permettrait de mieux gérer la charge de deux coupes nationales, il a conscience de l'enjeu d'image pour le club.
La qualité de l'opposition rend l'affaire évidemment plus délicate. "Lille possède un gros volume de jeu, beaucoup d'agressivité, de la vitesse devant", relève Deschamps.
Devant l'un de ses concurrents dans la course à la Ligue des champions, le technicien marseillais espère en tout cas que sa ligne d'attaque version "2008-2009" continuera à démontrer l'efficacité vue depuis le retour de la trêve.
Valbuena, Ben Arfa, Niang, Brandao: l'impact actuel de ce quatuor est évident. Voués au banc puis au départ, les deux premiers, associés pour la première fois mercredi contre Le Mans, ont retrouvé grâce aux yeux de Deschamps, en particulier Ben Arfa, qui semble avoir redécouvert le sens du jeu.
Deschamps a aussi su déroger à son traditionnel 4-3-3 pour évoluer en 4-4-2 et replacer Niang dans l'axe aux côtés de Brandao. Le calendrier chargé et l'obligation de résultats lui imposent il est vrai d'élargir son champ des possibles, quitte par exemple à laisser la vedette Lucho Gonzalez sur le banc contre Le Mans.
