Depuis deux saisons, Lille devance sur le plan sportif et financier son voisin lensois qu'il accueille lors de la 22e journée de L1, samedi au Stadium à Villeneuve d'Ascq, mais a encore du retard sur son voisin en terme de notoriété.

Stades:
Félix-Bollaert (41.233 places) dans l'ouvrière cité lensoise n'a pas d'équivalent. Ses 33.137 spectateurs de moyenne, dont 23.500 abonnés et 2000 VIP, forment le "meilleur public de France", des supporteurs pas refroidis l'an passé par la L2 avec 29.842 de moyenne, dont 18.500 abonnés. Un record! "La Marseillaise" avant le coup d'envoi et "les Corons" (Pierre Bachelet) à la pause sont autant de moments de grands frissons.

Le Stadium à Villeneuve d'Ascq (17.300 places), où les joueurs apprécient la "meilleure pelouse de France", apparaît comme un frigo. Dans la bourgeoise métropole nordiste, avec 13.758 spectateurs, dont 8965 abonnés et 1.200 VIP, le plein est rarement fait. Le Grand Stade, prévu pour juillet 2012, pourrait diminuer l'écart.

Structures:
Depuis 2001, les Lensois disposent du centre de "La Gaillette" (un bloc brut de charbon) à Avion, sur une ancienne friche industrielle de 22 hectares, à moins de 5 km à vol d'oiseau de Bollaert où se côtoient les 24 pros et les 63 jeunes en formation. En mai, avant d'affronter le Costa Rica en préparation pour le Mondial, les Bleus poseront leurs bagages dans ce complexe aux noms de terrains célèbres: Wembley, Maracana, Camp Nou, Old Trafford.

Les Dogues ont inauguré Luchin en 2007. Il s'agit d'une ferme rénovée sur un Domaine de 45 hectares à une dizaine de kilomètres du stade et à un jet de ballon de la Belgique. Les 30 pros y ont leur quartier ainsi que les 38 jeunes en formation. Un investissement de 20 millions d'euros.

Finances:
La L2 avait contraint Lens à revoir en baisse son budget de 58 M d'euros en 20O7-2008 à 26 MEUR. En L1, sous recrutement contrôlé et dans l'attente de 9 MEUR de paiement sur la vente de joueurs, Lens a encore des finances fragiles avec un budget d'environ 38 MEUR mais un possible déficit en fin d'exercice de 8 à 9 MEUR.

Lille a annoncé un budget prévisionnel de 55 MEUR. Mais le président Michel Seydoux a prévenu: dans l'attente du Grand Stade et en cas de non-qualification pour la Ligue des champions, il devra vendre quelques pépites pour combler un déficit d'exploitation de 15 à 20 MEUR. En juin, c'était Bastos. Cette fois, cela pourrait être Rami, Cabaye, Obraniak et/ou Hazard

Commerce:
Même en L2, Lens (200 salariés) n'avait pas perdu de partenaires, désormais 400 (25% du budget). Son maillot est vendu pour trois ans. Son image lui permet de proposer les objets les plus hétéroclites (7% du CA). Une entreprise de pompes funèbres a même imaginé un cercueil "Sang et or". Le club, dirigé par Gervais Martel (75 % du capital), c'est aussi RCL Emploi (intérim et recherche d'emplois) et surtout Agora Protection et Sécurité. Cette filiale du RCL est présente dans les quatre stades de L1 du Nord et autour des concerts jusqu'à Paris. Les filiales (60 salariés) ont été l'une des clefs de la survie économique.

Le LOSC (143 salariés), présidé depuis 2002 par Michel Seydoux (54% du capital, le propriétaire de casinos Isidore Partouche a lui 40%), fait son nid. Il compte sur 540 entreprises clientes et 43 entreprises partenaires (16% du budget). Son merchandising (externalisé) représente 3% de son budget avec un chiffre d'affaires prévu de 3,5 millions d'euros contre 2,1 MEUR en 2009 et 1,7 MEUR en 2008.

Palmarès:
La gloire de Lille est ancienne. Deux titres de champions (1946, 1954) et quatre Coupes de France (1946, 1947, 1953, 1954). Depuis, son palmarès ne s'est enrichi que de trophées en L2 (1964, 1974, 1978, 2000) et de trois participations à la C1. Autant que l'image et les valeurs des corons, la réussite lensoise c'est son titre en L1 en 1998 et la Coupe de la Ligue (1999).

Encadrement:
Lille est un modèle de stabilité. En 10 ans, il n'a connu que trois entraîneurs: Vahid Halilodzic (1998-2002), Claude Puel (2002-2008) et Rudi Garcia, écarté en juin dernier avant d'être conservé. Lens a consommé beaucoup plus de techniciens. Sur la même période, Daniel Leclercq, François Brisson, Roland Courbis, Georges Tournay, Joël Muller, Francis Gillot, Guy Roux, Jean-Pierre Papin et Jean-Guy Wallemme se sont assis sur le banc.