Ses apparitions se faisaient rares, mais la CAN a visiblement donné un coup de fouet physique et mental au milieu burkinabé Charles Kaboré, repositionné malgré lui par le coach marseillais Didier Deschamps en latéral droit où il a donné satisfaction.

Jusqu'à mercredi, il était nettement plus fréquent de le croiser sur le banc que sur la pelouse: avec neuf matches disputés, dont quatre seulement comme titulaire, sa saison s'apparentait à une mini-traversée du désert, après ses 23 matches de 2008-2009.

Le dense recrutement opéré par l'OM en milieu de terrain ne lui laissait, il est vrai, que peu d'espace. Avec Cissé, Mbia, Abriel et Lucho en concurrents, Kaboré, 22 ans, se savait promis à rude épreuve. Il l'a traversée avec une déception légitime au regard de plusieurs prestations prometteuses depuis son arrivée à l'OM, en provenance de Libourne (L2), au mercato d'hiver 2008.

Kaboré avait rallié la Gironde en 2007 "et il ne nous avait pas fallu plus d'une heure pour l'engager, au vu de sa puissance et de sa capacité à jouer très vite vers l'avant", se souvient son entraîneur de l'époque, Didier Tholot.

Son salut immédiat semble se dessiner en défense. C'est au poste de latéral droit que Deschamps l'a titularisé mercredi devant Lille en Coupe de la Ligue (2-1). C'est là aussi qu'il a débuté ses trois autres matches de la saison, suppléant le "taulier" Laurent Bonnart, réquisitionné côté gauche en raison de l'absence du Nigérian Taye Taiwo, toujours à la CAN.

Mercredi, Kaboré s'est montré affûté et vigilant, adressant le centre qui a amené l'égalisation de Lucho. Défendre, sans oublier l'animation offensive: Deschamps, contraint aussi de faire tourner son effectif en raison d'un calendrier chargé, n'a pas eu à se plaindre de son rendement.

"Polyvalence"
Samedi à Montpellier, il devrait le reconduire. Kaboré goûterait pour la première fois cette saison à deux titularisations de rang, même si l'on perçoit qu'il n'affectionne pas particulièrement cette position sur le terrain.

"J'ai des défauts à corriger, ce n'est pas mon poste de formation. J'ai été formé milieu défensif, mais je suis là pour rendre service et cela va augmenter mon temps de jeu", explique-t-il, rendu à la raison.

"Arrière droit, c'est une grande option pour lui. Je sais qu'il n'aime pas ça, mais la polyvalence est un atout", confirme Paulo Duarte, sélectionneur portugais du Burkina, qui fait cependant jouer Kaboré "en huit" et lui voit un grand avenir "s'il se canalise tactiquement". Tholot, lui aussi, juge que "c'est dans l'axe, au milieu", qu'il est le plus efficace.

Deschamps n'est toutefois pas le seul à croire en ses qualités d'arrière droit: son prédécesseur Eric Gerets avait promis là à "Charly" une grande carrière.

La CAN semble en tout cas avoir dopé Kaboré. Dans une poule de trois (après le retrait du Togo), il n'y a disputé que deux matches, mais "cela m'a fait plaisir et beaucoup de bien. J'y ai retrouvé mes amis d'enfance, avec lesquels j'ai été formé", confie-t-il.

"Il manquait de rythme à son arrivée, il m'a même dit qu'il était prêt à partir, mais que l'OM ne le souhaitait pas. A la fin, il est reparti plein d'énergie", observe Duarte.

Deschamps veut croire que la CAN aura le même effet sur le Camerounais Mbia et l'Ivoirien Koné, revenus jeudi.