Aux côtés du gardien Stéphane Ruffier et du meilleur buteur de Ligue 1 Nenê, l'attaquant international sud-coréen Park Chu-young, bien plus qu'une recrue "marketing", constitue la troisième satisfaction de Monaco, qui reçoit Nice dans le derby de la Côte d'Azur samedi.

Vainqueur des championnats d'Asie de moins de 20 ans en 2004 où il avait été élu meilleur joueur et soulier d'or, puis meilleur espoir asiatique cette même année, Park Chu-young a pourtant débuté sa carrière en Principauté dans une certaine difficulté, avant de se révéler progressivement.

A l'été 2008, sa venue avait été ardemment souhaitée par l'entraîneur de l'époque Ricardo et son adjoint Jean Petit. Aujourd'hui conseiller auprès de la direction du club, ce dernier raconte: "Il avait été présenté par des intermédiaires vivants sur Monaco. On avait trouvé son profil très intéressant. Il nous manquait deux attaquants. Selon nous, Park devait être l'un d'eux. Beaucoup de clubs étaient intéressés. Ricardo et moi avons forcé "le truc". Cela n'a été ni facile, ni simple. Mais c'est une belle histoire."

Car si sa saison dernière, entamée en septembre au retour des JO de Pékin auxquels il avait participé avec sa sélection, a été un apprentissage du football continental (5 buts en 31 matches de L1), Park démontrait déjà qualités de combattant et dévouement au collectif. Et ce en dépit de prestations irrégulières et d'un certain manque d'efficacité.

Capable d'aller dans la profondeur comme de jouer en déviation, il est désormais essentiel au dispositif. Et son bilan est déjà meilleur (6 buts en 19 matches de L1, plus un en Coupe contre Lyon).

Prolongé jusqu'en 2013
"En pointe, il évolue dans son meilleur registre, analyse Petit. Mais il est encore perfectible. Il n'est pas assez "tueur" dans l'âme."

Caricaturé à tort comme une simple recrue +marketing+ désirée par l'ancien président Jérôme de Bontin afin de conquérir des marchés en Corée du sud où il est adulé, ce spécialiste de taekwondo est donc devenu cadre. La nouvelle direction monégasque ne s'y est pas trompée. Dans la discrétion la plus totale, le Sud-Coréen a prolongé son contrat jusqu'en juin 2013 il y a quelques semaines, nette revalorisation salariale à l'appui.

Homme timide et secret, Park a, dès son arrivée, construit une barrière entre lui et les médias afin de préserver sa tranquillité. Son argument est implacable. "Je ne parle que coréen", dit-il. Or, au sein du club, il communique aujourd'hui aisément en anglais ou en français. "Il comprend tout, est cultivé et intelligent", dit-on de celui à qui son agent attribue un QI de 150.

Mais pour Park, qui disputera cet été à 25 ans seulement, sa deuxième Coupe du monde, Monaco n'est qu'une étape. "Il sait ce qu'il veut, prévient encore Petit. Il veut réussir et jouer dans un grand club. Pour cela, il vit sainement, donne tout pour l'équipe. Et fidèle à la mentalité asiatique, il ne lâche jamais rien."