Une erreur de pupille en défense, un but contre-son-camp, un coup de pompe physique: Marseille veut croire à l'hypothèse de l'accident après son revers samedi à Montpellier (2-0), son premier de l'année, qui compromet ses ambitions de retour vers le podium.

La boulette défensive du début de seconde période est évidemment un modèle du genre... Il ne s'est ainsi trouvé personne pour stopper le slalom du percutant Karim Aït-Fana dans la surface, ni pour empêcher l'action à son début, sur une touche habilement négociée.

Diawara, Mbia et Kaboré dans le vent: cela fait beaucoup, et on comprend l'ire de Deschamps, pestant contre un but "largement évitable". Celui-ci n'est pas sans rappeler les bourdes défensives du début de saison, et une certaine tendance à rester figé dans le feu de l'action.

De Melo (Lille) mercredi, ou Helstad (Le Mans) lors de la 21e journée avaient eux aussi récemment passé en revue la défense marseillaise sans se faire rattraper.

Sans arrière-garde solide et constante, l'OM ne peut avoir d'ambition. Dans cette optique, l'absence de l'Argentin Gabriel Heinze se fait cruellement sentir. Homme d'impact dans les duels et co-leader naturel de l'équipe, il ne devrait pas reprendre avant mi-février en raison d'un claquage à la cuisse.

Deschamps a également avancé l'argument de la fatigue: "Il nous manquait de l'essence dans le moteur après notre grosse bataille de mercredi" contre Lille en coupe de la Ligue. Eliminé de cette épreuve, Montpellier n'a pas joué de la semaine et a imprimé un rythme crescendo à la rencontre.

"une très mauvaise soirée"
Mais l'entraîneur lui-même a reconnu que ce n'était pas "la seule explication" à la défaite de ses hommes. Mais avec un effectif où chaque poste est doublé, les risques de panne physique sont atténués.

Et à vouloir faire tourner son effectif en vue du calendrier chargé qui s'annonce -- demi-finale de coupe de la Ligue mercredi, 16e de finale de coupe de France le 10 février, Europa League le 18 -- Deschamps a peut-être aussi commis une erreur en titularisant Mbia et Koné, de retour de la CAN où ils ont très peu joué.

Les deux hommes n'étaient pas dans le coup samedi. Pendant ce temps, Valbuena était laissé sur le banc alors qu'il avait brillé mercredi, tout comme Lucho qui s'était montré intéressant.

"Il n'y a pas d'excuse de fatigue, nous sommes habitués à jouer tous les trois jours, c'est notre métier, nous sommes là pour ça. C'est une très mauvaise soirée", fulminait Cheyrou après le match.

De fait, c'est plutôt dans son organisation de jeu et dans son esprit d'initiative que l'OM a failli, face à une équipe a contrario très entreprenante et de plus en plus joueuse au fil du match. "On a un peu abusé des rushes individuels", soulignait ainsi le capitaine Mamadou Niang.

C'est au moins autant dans sa tête que dans ses jambes que l'OM a fait défaut samedi, alors que trois jours plus tôt, l'effort de construction méritait d'être souligné. Il n'est visiblement pas encore suffisant.