Comment faire sans lui....? A deux doigts d'une élimination en Coupe de la Ligue à Toulouse qui aurait nettement alourdi l'atmosphère, Marseille a de nouveau dû son salut à son inlassable attaquant brésilien Brandao, qui éteint progressivement les critiques sur sa maladresse.
Son séjour au Brésil à Noël, où il a retrouvé les siens dans l'Etat agricole du Parana et où il envisage de s'installer à la fin de sa carrière, lui a visiblement fourni du combustible pour ce début d'année.
Après un doublé -- son premier à l'OM -- à Saint-Etienne en 8e de finale de l'épreuve le 13 janvier, assorti d'une passe décisive pour Niang, le voilà qui récidive de retour de huit jours d'absence en raison d'une lésion à un quadriceps: soit une tête en extension sur un centre de Ben Arfa pour l'égalisation à 5 minutes de la fin du temps réglementaire alors que l'OM était étouffé et une frappe aussi soudaine que puissante en prolongation.
Le tout bandeau autour de la tête, suite à un choc à l'arcade sourcilière.
La seule lecture de son total de buts (5 en L1) ne dit pas toute l'influence du Brésilien dans le jeu marseillais.
Le grand attaquant (1,89 m) à la queue de cheval ne cesse jamais en effet d'harasser les défenseurs adverses, qu'il finit par épuiser, offrant aussi des espaces à ses compères d'attaque, Mamadou Niang en tête.
Brandao est également le premier défenseur de l'équipe. Son absence à Montpellier samedi n'est pas forcément étrangère à la défaite de l'OM (2-0), incapable de briser le rythme héraultais.
"Béni par Dieu"
"Brandao est devenu un joueur important pour Marseille. Il a réussi à résister à la concurrence. Ce que j'appréciais en lui avant tout, c'est qu'il donnait absolument tout sur le terrain. On ne pouvait pas lui reprocher son sens du sacrifice et du combat. Il ratait beaucoup, c'est vrai, mais il revenait toujours au combat", se souvient Mircea Lucescu, l'entraîneur roumain du Shakhtar Donetsk (1re div. ukrainienne), où Brandao a passé six saisons avant de rallier l'OM pour 5,5 M EUR en janvier 2009.
"Je sais qu'il a été critiqué. C'est normal, car il n'est pas évident de s'imposer après 6 ans en Ukraine, dans un championnat rapide comme la L1. Mais il a démontré un grand caractère", poursuit Lucescu, très au fait des performances de ses ex-joueurs.
C'est vrai que Brandao ne trouve pas toujours la mire. Son manque d'efficacité devant le but a régulièrement mis en rage les supporteurs comme à Milan en Ligue des champions où il trouva la barre alors que le but lui était ouvert. Mais Deschamps sait trop que "même quand il ne marque pas, il est très important pour l'équipe". "Il est souvent décrié injustement", conclut-il.
Le joueur, lui, n'est pas "insensible" aux critiques, mais il préfère "y répondre sur le terrain", tout en se disant "béni par Dieu" et bien entouré par ses "amis et coéquipiers". De fait, le gaillard est apprécié dans le groupe. Et sa famille le soutient, installée à ses côtés.
A 29 ans, l'attaquant marseillais nourrit aussi un "rêve": jouer pour son pays. "J'y crois, je travaille pour cela. Mais avant cela, j'ai un autre rêve: devenir champion avec l'OM". A 12 points de Bordeaux, il est des Marseillais qui y croient encore...
