En signant jeudi un nouveau contrat de trois ans avec Rennes alors qu'il aurait pu être libre de s'engager où il le souhaitait en juin prochain, Jimmy Briand a joué la sécurité afin de pouvoir se concentrer sur le terrain dans l'optique de la Coupe du monde.
Longtemps annoncé sur le départ, Briand a finalement opté pour un nouveau bail avec son club formateur. Un revirement qui n'a rien de surprenant à en croire le principal intéressé: "Le choix s'imposait", a déclaré l'attaquant international (3 sélections) lors d'une conférence de presse où il n'a toutefois pas fait montre d'un enthousiasme débordant.
Briand a explicité sans ferveur particulière son engagement, se montrant très pragmatique pour justifier ses choix.
"Aujourd'hui je me retrouve dans un bon club avec un coach qui a confiance en moi. Pour faire une bonne fin de saison c'était important car j'ai l'ambition de jouer la Coupe du monde", a-t-il indiqué.
Sans aucun doute, sa grave blessure contractée en mars 2009 lors d'un rassemblement avec les Bleus a nourri sa réflexion.
"Cette blessure... on se dit que dans le foot tout va vite. Je sais que l'année prochaine, quoi qu'il arrive, j'aurai un club", a-t-il déclaré.
"Il y a un côté sécurité, bien sûr. Je n'avais pas spécialement peur de ne pas retrouver de club mais aujourd'hui on ne sait pas ce qui pourrait arriver. L'année dernière, j'aurais peut-être pu partir et puis je me suis blessé, finalement. Aujourd'hui, c'est une assurance et quoi qu'il se passe je serai dans un très bon club la saison prochaine".
Sans doute aussi son nouvel agent Jean-Pierre Bernès a-t-il trouvé les mots justes pour adoucir la position d'un joueur qui, il y a un an et demi, en était presque venu au bras-de-fer avec son club pour rejoindre le Paris SG.
"C'est ma décision et celle de mon entourage. J'ai eu des conseils d'un peu partout mais c'est moi qui ai pris la décision", souligne Briand.
Cette prolongation ne signifie pas pour autant que le joueur ne partira pas dès l'été prochain.
"Pour l'instant Jimmy est au club, on verra en fin de saison", a reconnu Pierre Dréossi, le manageur du Stade Rennais. "On a discuté avec Jean-Pierre Bernès et on a trouvé une solution pour faire en sorte que si Jimmy ait envie de partir, il puisse le faire dans de bonnes conditions", a-t-il développé.
"S'il doit y avoir départ il y aura départ, mais je suis là pour faire une bonne fin de saison, après on aura bien le temps de discuter de tout ça", a répété Briand, un peu agacé.
Cette signature n'est en tout cas pas une affaire de gros sous -"Non"-, assène-t-il fermement. Mais elle n'est pas non plus le témoignage d'une certaine reconnaissance envers son club formateur qu'il aurait pu quitter sans que celui-ci ne perçoive la moindre indemnité, reconnaît-il très honnêtement.
"Ca n'a pas été un critère de réflexion. Il y aura une indemnité mais c'est une marque de confiance en plus du club qui me voudra", assure-t-il.
Pour le Stade Rennais, cette prolongation est en tout cas une belle affaire tant sur le plan sportif, que, sans doute à l'avenir, sur le plan financier.
Pour l'heure, d'autres chiffres intéressent Briand et son club: avec trois passes décisives et un but sur penalty lors des deux derniers matches en L1, l'attaquant monte en puissance. "La Coupe du monde est encore loin car je pars de très très loin". De Rennes, en fait.
