Invaincu depuis cinq journées de L1, Lyon a encore confirmé samedi contre Lens (1-0) qu'il avait mis de côté toute notion d'ambition collective, détrônée, au moins provisoirement, par un sens aigu de la solidarité et de l'efficacité.
Après avoir pris treize points sur quinze possibles, l'OL, accroché bec et ongles à sa 4e place, peut désormais essayer de préparer le plus sereinement possible son 8e de finale aller de Ligue des champions, mardi contre le Real Madrid.
"Il y a eu pas mal de déchets de chaque côté et ce n'était sans doute pas très beau à voir mais nous sommes satisfaits de la victoire", concède le défenseur Aly Cissokho, lucide. "Nous gagnons sans la manière, c'est encourageant".
Le milieu Miralem Pjanic admet que l'OL "a du mal à produire du jeu". "Nous devons faire mieux. Nous cherchons à concéder très peu d'occasions et nous nous sommes peut-être trop focalisés là-dessus. Nous progressons, cela se voit aux entraînements", assure-t-il... sans rassurer le public colérique qui ne partage pas cet avis.
A la décharge de l'équipe, secourue par des circonstances atténuantes, son match s'est joué dans des conditions climatiques difficiles et sur un terrain en mauvais état, insuffisant pour un championnat professionnel, comme il y a huit jours à Toulouse (0-0).
Entre les attentes des spectateurs, que le passé a habitué au spectacle, et l'objectif de victoire à tout prix qui doit habiter des joueurs professionnels, la problématique est délicate à aborder.
"Le principal est de gagner et c'est ce qui nous importe", tranche Jérémy Toulalan, estimant que le changement tactique initié par l'entraîneur Claude Puel, avec les entrées des Argentins Lisandro Lopez (passeur) et Cesar Delgado (buteur) et l'adoption d'une organisation avec deux milieux au lieu de trois, "a fait la différence". "Ce sont des joueurs précieux", dit-il encore.
Cette analyse ne semble toutefois pas rejoindre celle de Bernard Lacombe, conseiller du président Jean-Michel Aulas.
"J'entends souvent, dans les commentaires, évoquer un bon +coaching+ car l'entraîneur a fait entrer un joueur. Je me dis que c'est plutôt le contraire et que ce joueur aurait dû débuter la rencontre", estimait vendredi le dirigeant sur le site internet de l'OL.
"Parfois, je me dis que ce que l'on montre frise l'insuffisance", lâchait-il encore, en appelant à l'indulgence et au soutien du public "dans un moment charnière et difficile".
Mardi, le match contre le Real Madrid se disputera à guichets fermés mais, parmi le public, beaucoup doutent de la qualification.
"C'est ce qui a tendance à me motiver", commente Toulalan. "Nous devrons essayer de faire un peu plus les efforts. Après, il nous manque cette qualité technique et, contre le Real, nous savons que nous devrons être meilleurs".
Mardi, les excuses domestiques de l'OL seront finalement peut-être son meilleur allié contre un adversaire qui le domine de la tête et des épaules. Et en cas d'improbable résultat positif contre le Real, il ne viendra à personne l'idée de reprocher à l'OL son manque de qualité de jeu.
