Aux portes de l'enfer de la descente, Boulogne (19) et Le Mans (18) sont conscients que leur rêve de réussir l'exploit du maintien deviendra chimère pour celui qui ne prendra pas les trois points lors de leur affrontement direct, samedi au Stade de la Libération.
Hémorragie. Boulogne reste sur une série de cinq défaites en autant de matches depuis le début de l'année. Le Mans a, lui, stoppé une hémorragie de quatre défaites de suite en arrachant le nul contre Sochaux (0-0). Mais le MUC 72 a une particularité, celui d'être la plus mauvaise équipe à l'extérieur avec le triste bilan de 11 défaites en 11 rencontres.
Divorce. Sous le charme d'une accession un peu inespérée, les Boulonnais ont longtemps pardonné les errements de leur équipe. Mais l'absence de résultats a fini par agacer et des sifflets ont été entendus. Le divorce n'est pas loin. C'est d'ailleurs l'heure de la mobilisation générale. Le directeur Jean-Jacques Fiolet a envoyé un texto à l'ensemble des partenaires pour réclamer un soutien sans faille face au Mans. "On ne lâchera rien", leur a-t-il promis. Le public sarthois est aussi agacé par les non-performances de ses favoris. Et devient moqueur. Sur les forums, il se demande, en ces temps de tournoi des VI nations de rugby, si le MUC72 ne va pas réaliser un Grand Chelem...: perdre toutes ses rencontres à l'extérieur cette saison.
Tuile. Après une entame plutôt correcte, la dégringolade des nordistes a coïncidé avec la blessure à une cheville de l'emblématique capitaine Grégory Thil (opéré en septembre). Son retour est très attendu. Trop peut-être car Thil ne peut être le messie. Le Mans n'a pas connu une si grosse tuile. En revanche, il pâtie sûrement beaucoup du départ de Mathieu Coutadeur pour Monaco l'été dernier.
Ambitions. Philippe Montanier avait fait monter Boulogne mais a choisi de partir en pleine gloire à Valenciennes. Son successeur, Laurent Guyot, sans expérience du haut niveau, a changé le système, passant du 4-3-3 à un 4-4-2 ou 5-4-1. Surtout son équipe souffre d'un manque d'ambitions dans le jeu alors que défensivement c'est souvent opération portes-ouvertes (42 buts encaissés), notamment à cause des gardiens. Ni Valverde ni Kone ni Bédénik n'ont convaincu. Au Mans, l'épisode portugais Paulo Duarte, arrivé à l'été, a tourné au triste Fado. Le choc psychologique du retour aux valeurs mancelles a fait flop. Son remplacement par Arnaud Cormier n'a pas changé pour l'instant le cours des événements. Et, les buts manceaux sont à peine mieux assurés (38 buts encaissés) avec Roche et Ovono. Le club a même essayé un Georgien Makaridze.
Pêche. Pour stopper la spirale infernale, Boulogne, plus petit budget de L1, a mis la main à son portefeuille lors du mercato hivernal. Mais sa pêche qui se voulait maligne est loin d'apparaître miraculeuse. Les arrivées de Bellaïd, Lorca, Kapo ou Yatabare n'ont pas inversé la tendance. Déjà, dans son panier estival, l'USBCO n'avait pas trouvé beaucoup de "produits" de luxe. Au Mans, les dirigeants n'ont pas eu la main plus heureuse. Le bénéfice du recrutement de Thomert, Ouali et Abdi reste limité. Le Mans manque toujours autant d'imagination dans son jeu. Et c'est aux forceps, qu'il a arraché son premier point 2010 après avoir disputé la moitié du match en supériorité numérique.
