En ce moment, la Bundesliga a tout pour captiver les amateurs de football du monde entier : la dernière équipe invaincue dans les grands championnats européens, une lutte à trois pour le titre et, chaque semaine, de grandes affiches et des buts en pagaille. Les raisons de cette débauche de spectacle tiennent en un mot : Oranje.

En rejoignant Hambourg l'hiver dernier, Ruud van Nistelrooij est devenu le dixième footballeur néerlandais de l'élite allemande. Les Pays-Bas sont désormais la troisième nation la mieux représentée en Bundesliga, après le Brésil (26 joueurs) et la Suisse (11). L'ancien attaquant du Real Madrid n'a pas mis bien longtemps à justifier le choix des dirigeants du HSV. Pour sa deuxième apparition, il a offert les trois points de la victoire à sa nouvelle équipe en inscrivant un doublé sur le terrain du VfB Stuttgart (3:1). "C'est une performance fantastique", déclarait le principal intéressé après la rencontre. "Je suis presque surpris moi-même".

"Avec lui, nous serons encore plus imprévisibles en attaque", se réjouit son coéquipier et compatriote Joris Mathijsen dans un entretien exclusif accordé à FIFA.com. "Je serais ravi qu'il soit du voyage en Afrique du Sud mais la décision ne m'appartient évidemment pas. Je suis curieux de voir ce qui va se passer dans les prochains mois".

Avec Mathijsen, Eljero Elia et Romeo Castelen, Van the Man est le quatrième prétendant à une place au sein de la sélection oranje à évoluer dans le club hanséatique. "Je n'ai pas encore eu l'occasion de discuter avec Bert van Marwijk. C'est important mais, pour le moment, je dois me concentrer sur l'essentiel, c'est-à-dire marquer le plus possible pour le HSV", explique prudemment van Nistelrooij. Mathijsen est manifestement sur la même longueur d'ondes : "Il est normal que la Coupe du Monde soit déjà dans toutes les têtes mais, jusqu'au mois de mai, Hambourg a la priorité. De toute façon, pour être appelé, il faudra avoir été performant en club. Personne ne peut se permettre de se ménager en championnat. Ce ne serait pas correct".

Une longue histoire d'amour
Mais il n'y a pas que dans le nord du pays que les Néerlandais font beaucoup parler d'eux. Sous l'impulsion de Mark van Bommel et Arjen Robben (huit buts, six passes décisives), le Bayern Munich vient d'aligner une incroyable série de neuf victoires consécutives. L'ancien milieu de terrain du FC Barcelone est le premier joueur étranger à porter le brassard de capitaine au sein du club bavarois. Quant à Robben, il s'est vite imposé comme l'un des joueurs les plus spectaculaires et les plus efficaces du championnat.

"Notre pays est cinq fois plus petit que l'Allemagne. Nous n'aurons jamais le même réservoir de talent. Si nous voulons rivaliser avec de grands pays de football, nous devons miser sur notre sens tactique et sur une technique sans faille. Nous avons une conception très cérébrale du jeu. Dès notre plus jeune âge, on nous enseigne à analyser les situations pour trouver la meilleure solution. Quand on réfléchit plus vite, on joue aussi plus vite. C'est pour cela que les jeunes footballeurs néerlandais parviennent souvent à soutenir la comparaison avec les Allemands", confiait récemment van Bommel dans un entretien accordé au journal Sport Bild.

Il faut dire que les footballs allemand et néerlandais entretiennent des liens étroits depuis longtemps. Van Nistelrooij est le 75ème joueur venu des Pays-Bas à tenter sa chance en Bundesliga, 47 ans après le pionnier Jacobus Prins. Les meilleurs buteurs néerlandais d'Allemagne ont pour noms Willi "Ente" Lippens (92 réalisations), Roy Makaay (78) et Erik Meijer (38).

"La sélection néerlandaise dispose d'un groupe de grande qualité. Nous avons beaucoup de très bons joueurs, dont certains évoluent en Allemagne. Il faut toujours compter avec nous mais, dans un tournoi de ce genre, tout peut arriver. Nous sommes tombés dans un groupe difficile mais si nous trouvons rapidement nos marques, nous avons les moyens d'aller loin", estime Mathijsen, interrogé sur les perspectives de son équipe en Afrique du Sud.

Notre objectif est d'aller le plus loin possible, c'est-à-dire jusqu'en finale. Si tout se passe bien pour nous, nous avons les moyens de remporter cette compétition. Nous avons certainement les joueurs pour cela
Joris Mathijsen ne manque pas de confiance avant Afrique du Sud 2010

Et que pense-t-il de l'idée de disputer la Coupe du Monde de la FIFA aux côtés de van Nistelrooij, Castelen et Elia, ses partenaires en club ? "Ce serait génial et ça pourrait même être un avantage pour toute l'équipe car nous nous connaissons parfaitement", intervient Elia au micro de FIFA.com. L'ailier du HSV s'est signalé dès sa première sélection en inscrivant le but de la victoire (1:0) des Pays-Bas en Ecosse dans la compétition préliminaire. "C'était un moment fort. J'espère vraiment que je serai du voyage en Afrique du Sud. C'est mon rêve. Ce tournoi compte beaucoup pour nous. On verra bien ce qui va se passer. Tout ce que je peux faire, c'est donner le maximum à Hambourg et espérer que le sélectionneur fera appel à moi".

"Il ne faut pas oublier que les grands matches se jouent souvent sur des détails. A nous de faire en sorte que ces petites choses basculent en notre faveur. Si tout se passe bien pour nous, nous avons les moyens de remporter cette compétition. Nous avons certainement les joueurs pour cela", reprend Mathijsen. "Notre objectif est d'aller le plus loin possible, c'est-à-dire jusqu'en finale. Il faudra aussi proposer du beau jeu, être performants et avoir la chance de notre côté".

Quoi qu'il en soit, l'Allemagne et les Pays-Bas ne devraient pas se croiser en Afrique du Sud avant le stade des demi-finales. Toutefois, l'occasion serait belle d'assister à un duel fratricide entre partenaires de club. D'un côté, Robben et Mathijsen et, de l'autre, Schweinsteiger et Trochowski. Après la finale de l'édition 1974 et le huitième de finale de 1990, nul doute qu'une troisième confrontation entre ces deux géants du football européen resterait dans les mémoires…