Faire tourner a minima mais sans déjouer: contraint de pianoter avec doigté pour gérer son effectif confronté à un calendrier chargé, Didier Deschamps a réussi son coup jeudi à Copenhague en Europa League, bien aidé par un Ben Arfa de nouveau décisif.

Le coach marseillais a néanmoins retenu la rude leçon de Lens en 1/16e de finale de Coupe de France le 10 février, où son équipe, profondément remaniée, avait sombré corps et biens (3-1).

Morientes, Mbow, Koné, Hilton et Abriel titulaires: la logique du turn-over avait montré ses limites dans le Nord et, appelés à la rescousse à la mi-temps, les tauliers comme Brandao ou Valbuena n'avaient pas inversé la tendance.

Dans le glacis scandinave jeudi, le seul changement opéré par rapport à l'équipe victorieuse à Monaco samedi (2-1) a donc concerné le flanc gauche de l'attaque, où Koné a repris la place de Ben Arfa. La nécessité de faire un résultat dès l'aller pour ne pas avoir à puiser dans les réserves au retour trois jours avant Paris SG-OM imposait il est vrai un turn-over limité.

Guère en vue depuis son retour de la CAN, le petit attaquant ivoirien n'a pas forcément brillé jeudi, mais s'est montré plus remuant que lors de ses matches précédents. Il a surtout délivré une subtile passe décisive à Niang dans le dos de la défense, pour l'ouverture du score.

Le coaching de Deschamps a fait le reste. Moins tranchant que lors de ses sorties antérieures, Valbuena cédait sa place à Ben Arfa. La volonté de ménager Valbuena en vue de la réception de Nancy dimanche, où de nouveaux changements devraient intervenir, présidait aussi vraisemblablement à ce choix.

L'ancien Lyonnais a montré en tout cas qu'il pouvait être aussi très efficace en sortie de banc, lui qui avait déjoué dans ce rôle là toute la première partie du championnat. Signe, si besoin était, que les choses ont bien changé pour lui en 2010...

Sa percée soudaine à gauche, et son centre-tir qui fit mouche dans un angle fermé débloquait ainsi la rencontre.

"Il faut non seulement du culot, mais aussi de la classe pour réaliser un geste pareil. Hatem est en train de réaliser les prestations que tout le monde attendait de lui. On a vu, non seulement en attaque mais aussi dans son travail défensif, le meilleur d'un joueur qui est en train de réussir une 2e partie de saison animé d'un autre esprit. Je trouve qu'il a mûri, que les claques qu'il a pris depuis quelque temps lui ont fait du bien et qu'il comprend les choses, notamment qu'il pouvait gâcher son talent s'il ne se 'bougeait pas les fesses' ", explique le directeur sportif José Anigo, grand partisan du joueur.

De fait, Ben Arfa, à l'exception de son match à Monaco samedi, s'est montré systématiquement percutant depuis la reprise. Et serait mû, à en croire Anigo, par "un objectif fort: reconquérir une place en équipe de France".

Deschamps ne peut que s'en réjouir, même s'il préfère tempérer les élans médiatiques autour du joueur. Son champ des possibles s'ouvre néanmoins, et un minimum de rotation de l'effectif est assuré, au vu du "calendrier infernal" auquel est livré l'OM. A priori, tout risque de relâchement interne est écarté...