Au coeur d'une crise qui l'a vu plonger à la 14e place, le Paris SG a décidé de se replier sur sa base arrière pour amorcer son redémarrage samedi contre Toulouse: un choix qui s'est imposé naturellement à Antoine Kombouaré.

"J'aime voir mon équipe attaquer, marquer des buts", martelait le 2 août le technicien, adorateur déclaré du 4-4-2. "Si j'ai quatre attaquants, c'est parce que, dans la mesure du possible, je veux qu'il y en ait toujours deux devant".

Si la doublette en pointe est toujours de mise, l'idée de spectacle a vécu et, à Nancy, le PSG a surtout veillé à ce pas prendre de but (0-0), ce qu'il a trop rarement réussi cette saison (cinq fois).

"Quand on sort de quatre défaites consécutives, la meilleure façon de repartir de l'avant, c'est de consolider derrière, appuie Kombouaré. C'est valable pour toutes les équipes qui ont des soucis. Quand Lille était très mal, ils sont repartis avec l'idée de grappiller des points".

En Lorraine, le Calédonien a d'abord demandé à ses joueurs de défendre ensemble et cela pourrait être le fil conducteur d'une fin de saison lors de laquelle l'équipe, mentalement friable et qui se laisse dominer par les évènements, a autant besoin de se rassurer que d'engranger les points.

Tout en nuances, l'entraîneur précise que l'équipe a tenté de miser sur son assise défensive pour gagner, plutôt que, comme depuis août, sur sa force offensive.

"Il y a beaucoup de matches lors desquels on n'a pensé qu'à attaquer, reconnaît l'attaquant Erding. Pour bien attaquer, il faut d'abord bien défendre. C'était important de retrouver un groupe solidaire pour être compact. Contre Toulouse, il faudra se lâcher".

L'attaque à la peine aussi
Si Paris se retrouve aussi mal en point, les explications sont multiples.

La blessure de Coupet a ainsi lourdement pesé sur le comportement d'une défense aussi bien fragilisée par le manque de qualité ou la méforme de certains (Armand) que par les nombreuses erreurs individuelles.

Pour ne citer que les derniers en date, Ceara, Sakho, Traoré, ont notamment fauté et précipité la chute de leur équipe.

Ce que Coupet parvenait tant bien que mal à masquer, Edel n'y arrive pas. Instinctif, le Camerounais ne manque pas de qualités sur sa ligne mais son manque d'automatismes et de technique pure ne contribuent pas à rassurer un bloc qui n'a d'autre choix que de reculer.

"Cela oblige à faire plus d'efforts mais comme nous sommes dans une situation difficile, il faut bien les faire, non ?, rétorque encore Erding. Bien sûr, c'est frustrant, mais même si je suis attaquant, je vais défendre. Pourquoi ne le ferions-nous pas alors que des grands attaquants comme Drogba défendent ?"

Cette mutation défensive intervient effectivement à un moment où l'attaque peine à trouver ses marques. D'abord parce qu'on lui demande de partir de plus loin, mais surtout parce que Hoarau et Erding sont enfin associés ensemble après six mois de cache-cache provoqués par les blessures.

"On apprend à se connaître avec Guillaume, confirme ainsi le Turc aux neuf buts. C'est uniquement une question de temps. Même si nous n'avons pas joué beaucoup ensemble on connaît le jeu de l'autre".

Si leurs profils devraient finir par se compléter, force est de constater qu'Hoarau a surtout joué jusque-là avec Luyindula...

Tous deux attirés par le but, alors que Luyindula aime plus se situer entre les lignes, les deux hommes doivent impérativement trouver la bonne carburation.