Victorieux à l'aller (2-1) mais amoindri par de nombreuses absences, Lille se rend jeudi dans le bouillant stade Saraçoglu à Istanbul sans aucune certitude pour défendre son court avantage et décrocher devant Fenerbahçe sa qualification pour les 8e de finale de l'Europa League.

"Ce n'est qu'une première manche. C'était 50-50 avant ce match, c'est toujours du 50-50 après", constatent avec une belle unanimité des Lillois, satisfaits de leur victoire mais désolés d'avoir concédé un but et de ne pas avoir d'avantage creusé l'écart.

Depuis ce succès, les hommes de Rudi Garcia sont restés sur une voie positive. Dimanche, ils sont ainsi allés s'imposer à Rennes (2-1), ce qui leur a permis de conserver leur place (troisième) sur le podium de la Ligue 1. Et d'affirmer avec force leur rôle d'outsider.

Mais le LOSC a aussi vu s'ammonceler quelques inquiétants nuages. Il savait que Balmont et Cabaye seraient suspendus et Tulio de Melo (opéré du ménisque droit) forfait pour leur déplacement en Turquie. En Bretagne, il a perdu en plus Debuchy (fracture de deux côtes) et Gervinho (entorse du genou gauche).

Ce beau monde va manquer à des Lillois qui devront, dixit Garcia "défendre leur avantage mais pas seulement".

"C'est en marquant à Istanbul qu'on se qualifiera et pas autrement", souligne l'entraîneur, qui a pu s'apercevoir que la vitesse et l'alternance entre jeu long et jeu court a perturbé les Turcs.

Daum : "Nous ferons la différence"
Même s'ils ont réussi à déstabiliser Fenerbahçe, Les Lillois s'attendent à souffrir. D'autant que les Stambouliotes, qui marquent le pas en championnat, en deuxième position derrière leur ennemi et voisin Galatasaray après un nul (2-2) à Manisaspor et une défaite devant Bursaspor (2-3), nourrissent beaucoup d'ambitions dans l'épreuve européenne.

"Fenerbahçe va marquer l'année 2010 de son empreinte", avait assuré la semaine dernière le défenseur (blessé) Ugur Boral. "Lille est une bonne équipe. La qualification n'est pas acquise mais je pense que nous ferons la différence", a affirmé l'entraîneur des Turcs Christoph Daum malgré la défaite.

Outre la nécessité pour Obraniak, Hazard et Frau de défendre la réputation de meilleure attaque de L1, il s'agira aussi pour les Lillois de ne pas trembler face à une ambiance hostile. "On sait qu'il y a un bon public. Mais ce public n'a jamais mis un but", tempère Garcia.

Si les Lillois tiennent le choc ce sera de bon augure pour la suite qui pourrait être à Liverpool (1-0 à l'aller devant les Roumains d'Unirea Urziceni), déjà dans les têtes des deux équipes. Mais aussi en vue de la lutte pour le podium du championnat.