L'attaquant Guillaume Hoarau et le gardien Steve Mandanda, pièces essentielles du Paris SG et de Marseille, semblent réémerger d'une longue période de doute, et leur duel pourrait faire basculer le clasico, dimanche en clôture de la 26e journée de Ligue 1.

Les deux ont été coéquipiers au Havre (L2). "On s'appelle régulièrement, a confié Hoarau sur le site du PSG. Lors du match aller, la saison dernière, je lui ai mis deux buts et aujourd'hui on en rigole. Mais si je l'avais appelé dans la semaine, ça ne l'aurait pas trop fait !"

Le bond
C'était une des révélations de la saison 2007-2008: remplaçant de Carrasso (blessé) qui évoluait alors à Marseille, Mandanda, venu de L2, avait ébloui le foot français au point d'intégrer l'équipe de France pour l'Euro-2008. Ses réflexes incroyables et son calme olympien l'avaient même propulsé dans le onze des Bleus.

Hoarau avait survolé la Ligue 2 en 2007-2008 avec 28 buts au compteur. Et sa première saison dans l'élite avait été largement réussie: le Réunionnais, qui avait pourtant la lourde tâche de succéder à Pauleta, a inscrit 17 buts et contribué au redressement du PSG après deux saisons noires.

Le creux
La sortie indécise de Mandanda à Bordeaux lors du sommet de la L1 début janvier, sanctionnée par le but de Chamakh, avait intensifié le débat autour de sa personne, sur le mode: le gardien marseillais n'est plus décisif. Car son automne fut délicat, un coup de moins bien qui lui a coûté sa place dans le but de l'équipe de France au profit du Lyonnais Lloris. Il est vrai que Mandanda n'a pas toujours été aidé cette saison par une défense longtemps à géométrie variable et qui semble enfin trouver ses marques.

Pour Hoarau, le creux correspond surtout aux blessures. Il a d'abord raté la fin de saison dernière et le début de celle-ci en raison d'adducteurs douloureux, avant de se blesser au genou droit mi-octobre. Son retour comme titulaire ne se fera que le 24 janvier 2010. Ses (bouts de) matches n'ont pas tout à fait convaincu: de fait, il n'a pas encore retrouvé ses sensations de la saison dernière, et se voit souvent contraint de décrocher pour dévier vers Erding, s'éloignant ainsi de la surface de réparation et de la possibilité de se procurer des occasions.

Le rebond
Mandanda est en grande forme en cette fin février, décisif sur sa ligne comme devant Nancy dimanche en championnat, grâce à quatre parades applaudies par le Vélodrome, ou à Copenhague le 18 février lors d'un gros arrêt réflexe. "J'ai traversé une période où je n'étais pas bien, pas décisif, reconnaît-il. Mais j'ai travaillé mentalement et psychologiquement, j'ai été soutenu par le staff et ma famille avec l'objectif de retrouver la confiance. Et je suis de nouveau bien dans mes baskets". De quoi satisfaire Didier Deschamps: "Steve retrouve beaucoup d'allant, il agit plus qu'il ne réagit. Ce qu'il a vécu va lui permettre de grandir encore. Il est rassurant pour l'équipe".

Hoarau n'a pas encore retrouvé son niveau, mais progresse. Le buteur n'a pas tremblé pour marquer le penalty contre Toulouse samedi dernier (1-0), un but capital dans une ambiance tendue. Son deuxième but seulement cette saison, pour douze apparitions (huit titularisations), un "ratio buts un peu déficient", comme il le reconnaît lui-même. "J'ai eu des pics de forme et de méforme, développe-t-il. Il faut faire le dos rond quand ça ne va pas mais, dans l'ensemble, je suis satisfait. J'ai enfin vu le bout du tunnel. (...) Je sais que l'équipe compte sur moi pour marquer des buts. Il faut que je retrouve ce petit truc que j'avais l'année dernière".