Bordeaux et Montpellier ont beau claironner chacun dans leur coin, le duel dimanche entre les deux leaders de L1 risque pourtant de déterminer la fin de saison de Girondins moins tranchants et jamais aussi menacés ou des surprenants Héraultais qui peuvent rentrer dans le rang.
. Forme :
Le champion de France part un peu dans l'inconnu avec 12 jours sans match. Cette mini-trêve a permis "de se préparer en conséquence", souligne l'entraîneur Laurent Blanc, qui a rappelé qu'en terme de rythme, "ce n'était pas forcément une bonne affaire de ne pas avoir joué au Mans".
Pour ce deuxième choc face aux Héraultais - à La Mosson, Bordeaux l'avait emporté 1-0 à la mi-décembre - les Girondins rêvent de "débuter une longue série", selon l'attaquant Marouane Chamakh.
De son côté, le promu a de la reprise et affiche une rare constance. Depuis la claque concédée à Monaco (0-4) début janvier, il a enchaîné cinq succès consécutifs - inédit dans son histoire -, dont "une victoire-référence" (dixit l'entraîneur René Girard) devant Rennes (3-1), où il a retrouvé son milieu et l'efficacité sur les coups de pied arrêtés.
"On avance, on est dans la continuité, on prend de plus en plus confiance, on a mûri dans l'approche des matches. La maturité dans le groupe s'exprime dans le jeu", relève Girard. Par ailleurs, la défense offre une rare stabilité, reflet de sa maturité tactique.
. Statuts :
Favori à sa propre succession, "Bordeaux est toujours premier" malgré ses deux matches en retard, ce que relaient ses joueurs qui, à l'instar de Chamakh, misent sur "la sérénité du groupe et l'état d'esprit".
Toutefois, note l'attaquant marocain, "on n'a pratiquement plus le droit à l'erreur. Nous sommes tous conscients que les autres avancent vite. On avait quelques jokers début janvier, on en a grillé quelques-uns".
Montpellier, deuxième pour la sixième journée d'affilée, s'est longtemps caché dans la course au maintien. En Gironde, il endossera son statut préféré d'outsider. "On va avec sérénité à Bordeaux où nous n'avons rien à perdre. On veut jouer sur notre valeur, sans passer à côté de ce rendez-vous", résume le capitaine Romain Pitau.
"Si on finit dans les cinq premiers, cela sera très bien", glisse avec malice le milieu de terrain "Tino" Costa pour dédramatiser l'évènement. Qu'en pense le président Louis Nicollin, dont la formation, déjà promue en 1987-88, avait fini 3e?
. Références :
Cette saison, Bordeaux a rarement déçu lors des matches-clés (2 nuls contre Marseille, victoires à Lyon et Montpellier) et aborde ce choc avec expérience, sans crainte apparente selon son entraîneur: "J'ai beaucoup de respect pour Montpellier, mais de là à dire que Bordeaux tremble à l'idée de les rencontrer, c'est non. S'ils veulent gagner à Bordeaux, il va falloir le démontrer sur le terrain".
Costaud à La Mosson, Montpellier a connu quelques trous d'air dans ses déplacements, comme à Marseille (2-4), Rennes (0-3) ou Monaco. Il est désormais en quête d'un match-référence à l'extérieur pour confirmer la victoire à Lyon avant la trêve (1-2).
"On a fait un truc à Lyon. On va à Bordeaux qui est le "must" en France, et même en Europe. C'est encore un palier à franchir. Comment va-t-on gérer l'ambiance et la pression ? On veut être à la hauteur de l'évènement", mesure simplement Girard.
