Cette fois, c'est du sérieux: après avoir aisément négocié l'obstacle Copenhague au tour précédent, Marseille change de catégorie en 8e de finale de l'Europa League et soumettra jeudi son football redevenu attractif à l'épreuve du Benfica Lisbonne et de son attaque flamboyante.

Cette affiche est un brin "vintage" et ravivera des souvenirs que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître... En 1990 en effet, l'OM et le Benfica, qui ne se sont depuis jamais plus affrontés, avaient croisé le fer en demi-finale de la Coupe d'Europe des clubs champions et le club portugais l'avait emporté dans la polémique au match retour, grâce à la main de son attaquant angolais Vata.

Les joueurs actuels de Marseille n'ont dans l'ensemble cure de ce qui est considéré dans l'inconscient collectif local comme une injustice éternelle. Et le stade de La Luz tel que celui où l'OM avait perdu ses illusions devant 120.000 spectateurs déchaînés n'existe plus. Il a été remplacé sur le même site fin 2003 par une enceinte moderne de 65.OOO places où s'est déroulée la finale de l'Euro 2004.

Le public y demeure néanmoins aussi bouillant, conformément au statut du Benfica, club souvent présenté comme le plus populaire du pays avec ses 200.000 socios répartis dans le monde entier.

Ils ont cette saison des raisons de s'enflammer un peu plus: privé de titre de champion depuis la saison 2004-2005 après laquelle débuta l'hégémonie du FC Porto, Benfica domine en effet largement le championnat, avec 3 points d'avance sur le second Braga et 11 sur Porto, 3e. Il demeure invaincu depuis le 31 octobre, date de sa dernière défaite à Braga.

Menace offensive
Surtout, la formation dirigée par Jorge Jesus présente un sacré potentiel offensif (59 but en 22 matches, soit un quota très élevé de 2,7 buts par match), que le niveau moyen du championnat lusitanien oblige cependant à relativiser.

L'ancien attaquant international argentin Javier Saviola n'est pas le seul à générer la menace. Son compatriote du milieu Angel di Maria ainsi que le meilleur buteur de la SuperLiga, le géant paraguayen Oscar Cardozo (1,93 m) alimentent également la machine à marquer, sous la houlette d'un autre Argentin, Pablo Aimar.

Autant dire que l'opposition sera bien différente de celle, timide, proposée par Copenhague en 16e, contournée sans trembler (3-1 à l'aller comme au retour). "C'est une des meilleures équipes d'Europe du moment", estime ainsi le milieu Benoît Cheyrou, averti comme ses coéquipiers de la qualité du Benfica par l'Argentin de l'OM Lucho Gonzalez, ancien capitaine de Porto.

En forme ascendante, Lucho sera le dépositaire du jeu globalement séduisant de l'OM depuis le début de l'année. Liant offensif plus net, meilleure gestion des temps faibles, efficacité devant le but (à l'exception notable de dimanche devant Lorient): le temps du rodage est en effet terminé. Celui de l'ambition européenne recommence, après l'élimination toute en frustration de la Ligue des champions.