Lyon ne doit pas s'endormir sur ses lauriers après son premier grand exploit européen contre le Real, car le derby contre Saint-Etienne l'attend, samedi, et Auxerre l'a bouté hors du podium en gagnant à Bordeaux quelques heures avant le triomphe de l'OL à Madrid.
"Non, nous n'avons pas profité", a répondu Claude Puel jeudi aux questions sur la façon dont les Lyonnais avaient célébré leur qualification pour les quarts de finale de la Ligue des champions. "Peut-être les joueurs entre eux, un peu tranquillement, a-t-il repris. Si cela se fête, c'est samedi après le derby à 23 heures."
"Maintenant, on pense au derby, c'est notre préoccupation, a martelé l'entraîneur lyonnais. Nous n'avons pas trop le temps de savourer car nous sommes dans la compétition. Saint-Etienne doit être heureux de notre qualification, heureux que nous ayons dû nous employer."
"La Coupe d'Europe, à part de la gagner, ce qui est aléatoire, nous avons envie de la rejouer l'an prochain", a-t-il rappelé. Car l'OL n'est plus sur le podium depuis que l'AJA a plongé les Girondins dans le doute (2-1 en match en retard), et n'a donc pas en main son ticket pour la prochaine C1.
Ses joueurs semblent bien d'accord avec lui. Eliminer le Real aux 250 millions d'euros de recrutement, "c'est super, mais il faut continuer. Nous n'avons encore rien gagné", a souligné le défenseur et capitaine Cris, qui a retrouvé toutes ses bonnes sensations après un début de saison difficile.
"Savourer plus tard"
Le derby contre les Verts à Gerland est déjà un autre grand match à bien négocier malgré les absences probables de Jean-Alain Boumsong, Jean II Makoun et Lisandro, tous plus ou moins blessés, et certaine de Michel Bastos, forfait à Madrid.
Or, à défaut de récupérer le titre perdu au printemps dernier, l'OL doit absolument terminer dans les trois premiers pour continuer à vivre les grandes soirées européennes auxquelles il s'est habitué depuis le début de la décennie.
Au-delà du derby et du quart de finale à venir (tirage au sort le 19 mars), la fin de saison s'annonce chargée, avec des déplacements à Marseille, Bordeaux, Montpellier notamment, et ce parcours européen qui peut prendre désormais une toute autre dimension.
Cet exploit n'a pas non plus fait chavirer la ville. A Bron, à l'aéroport, il y avait plus de journalistes que de supporteurs (une dizaine) pour attendre l'avion des joueurs. Et à l'entraînement jeudi, on comptait tout au plus une trentaine de supporteurs et quelques chants épars.
Seul le président, Jean-Michel Aulas, s'emballait un peu après ce résultat. "Nous avons construit, nous avons souffert, mais là, le club a franchi une étape", a dit celui qui dirige l'OL depuis juin 1987. Et cette glorieuse qualification est aussi de nature à décomplexer un club qui n'a jamais pu franchir le cap des quarts de finale de cette compétition.
"Sans banaliser ce que l'on a pu faire, nous aurons le temps d'analyser plus tard et de savourer, a conclu Puel. Il faut continuer à garder le cap. C'est mieux d'enchaîner avec le derby, avec ce genre de match."
Voilà les Verts prévenus.
