L'entraîneur de Bordeaux Laurent Blanc a reconnu, jeudi au lendemain de la défaite (1-2) à domicile contre Auxerre, que son équipe a fait preuve "de suffisance" et a, depuis 2010, "perdu quelques certitudes et individuellement une certaine confiance".
On peut savoir ce que vous avez dit à vos joueurs, au lendemain du revers face à Auxerre ?
Non, vous ne le saurez pas. Il y avait une mise au point à faire, elle a été faite. On va voir si on est capable de rebondir et montrer qu'on a du caractère. C'est le moment de le démontrer, notamment à Monaco et puis lors des échéances que l'on a dans le futur. Sur les deux matches qu'on vient de faire, c'est insuffisant. Il y a des choses qui ne m'ont pas plu. Quand je dis qu'il faut aider les joueurs et ne pas les accabler, ce n'est pas forcément avoir de la compassion, mais les mettre devant leurs responsabilités et surtout faire prendre conscience au groupe qu'en continuant comme ça on se met en danger par rapport à nos objectifs. Il ne faut pas tomber dans la sinistrose mais dire la vérité. Dire certaines vérités c'est aider les joueurs. La fin de saison, on va la faire avec le même groupe. Il faut faire en sorte qu'il retrouve sa confiance, ses qualités. L'année dernière à la même époque on avait pris une belle gifle à Toulouse (défaite 0-3) et on était 5e du championnat. Le paradoxe est qu'on traverse une mauvaise passe et qu'on est toujours premier. Actuellement on n'a pas les qualités que notre place en championnat pourrait laisser penser.
Sans entrer dans le secret du vestiaire, comment analysez-vous cette mauvaise phase ?
On n'a pas attaqué cette deuxième partie de saison comme on aurait dû le faire. Depuis janvier, on pense beaucoup plus individuellement que collectivement. Je parle des joueurs et du staff. On n'a pas fait tous les efforts nécessaires pour être meilleur dans le jeu. J'en ai fait part à mes joueurs et globalement ils ont été d'accord avec moi. J'attends leur réaction. Même si les 35 premières minutes (contre Auxerre) n'ont pas été fantastiques, cela suffisait pour gagner ce match. Ces faits de jeu ont fait qu'en deuxième mi-temps on s'est liquéfié, pour arriver quasiment, à la fin, au néant.
C'est le signe d'un vrai doute de se liquéfier comme cela après une mi-temps...
Oui, on doute. Il n'y a qu'à voir notre manière de jouer. On a perdu quelques certitudes et inviduellement une certaine confiance. C'est une période à traverser, à assumer puis il faut rebondir. Il y a deux solutions : ou vous vous écroulez ou vous avez une franche et bonne discussion et vous essayez de rebondir.
Cette équipe a-t-elle pris la grosse tête ?
Non, mais on peut dire que depuis 2010, on a un peu de suffisance. C'est un vilain défaut. Actuellement, les adversaires se méfient de Bordeaux, mais quand après 30, 40, 45 ou 60 minutes, ils s'aperçoivent que Bordeaux n'est pas si bien que cela ils prennent confiance et ont conscience qu'ils peuvent faire un bon résultat.
