Passable au milieu de terrain, Paris SG pèche surtout par manque cruel d'efficacité et de réalisme dans les deux surfaces: la sienne, avec un but encaissé la plupart du temps sur la première occasion, et celle de l'adversaire, où les Parisiens peinent à en transformer une.

"Je pense que les Parisiens présentent deux imperfections majeures, pointait l'ex-Bleu Christophe Dugarry au lendemain du revers contre Marseille (0-3). D'abord, ce manque d'efficacité incroyable. Le deuxième gros problème du PSG, c'est son axe défensif".

"Je suis tout a fait d'accord avec lui, a répondu Mevlut Erding. Nous, attaquants, on ne met pas toutes nos occasions au fond et en défense, on a le même problème. Si on ne marque pas, on risque toujours de prendre un but. C'est donc nous, devant, qui pouvons résoudre le problème en marquant les premiers".

En cause, évidemment, l'accumulation des blessures qui a fragilisé l'équipe dans ces deux secteurs de jeu.

Hoarau et Erding, faits pour s'entendre avec un grand pivot et un attaquant en profondeur, ont ainsi dû attendre janvier pour commencer à jouer ensemble, l'un et l'autre ayant joué à cache-cache avant en passant par l'infirmerie. Mais une fois associés, les deux hommes n'ont pas fait des étincelles.

"Ce n'est pas un jeu vidéo, confirme avec humour le Turc. Sur le papier, ça fait un beau duo, mais il faut le travailler. On vient seulement de commencer à jouer ensemble. On attend beaucoup de nous et on doit vite s'adapter. Mais on ne peut rien faire du jour au lendemain. Ca va s'améliorer, c'est une histoire de temps". Mais le PSG, 14e avant de recevoir Sochaux samedi, n'en a plus beaucoup.

Edel souffre en 2010
Surtout, les deux hommes doivent trouver la bonne distance entre eux et éviter de se marcher sur les pieds à proximité du but adverse.

Héros de l'an passé, Hoarau profitait d'une complicité évidente avec Luyindula, plus utilisé comme courroie de transmission avec le milieu et moins attiré par le but que ne l'est Erding.

Derrière, le constat n'est pas plus rassurant. Si Edel ne convainc pas dans le but dans l'attente du retour de Coupet, il n'est pas non plus aidé par les combinaisons de la défense axiale, toutes essayées et dont aucune ne donne vraiment satisfaction. La faute, tant à un manque de qualité individuelle que d'entente collective.

"C'est d'abord un problème de complémentarité", croit ainsi savoir Dugarry, qui refuse de s'étendre sur l'aspect individuel. "Or la complémentarité entre Sakho, Camara et Traoré n'existe pas. Cela les met sans cesse en danger. L'été dernier, les décideurs parisiens ont surestimé leur défense centrale".

En coulisses, certains membres des lignes défensives eux-mêmes grincent ainsi des dents en critiquant leur actionnaire qui n'a pu ou voulu recruter dans ce secteur. La pilule Heinze - piste abandonnée pour ne pas nuire à l'éclosion de Sakho - a toujours du mal à passer.

Edel est le gardien qui a encaissé le plus de but en 2010 (13 en L1). Vu ce que ses partenaires ont montré à Lens, l'Arméno-Camerounais a des chances de conserver ce statut peu enviable jusqu'à la fin de la saison.