A Marseille, les temps nouveaux se construisent aussi sur d'anciennes fondations: au club depuis 2007, le défenseur Laurent Bonnart et le milieu Benoît Cheyrou multiplient actuellement les prestations remarquées.

A Lisbonne jeudi devant le Benfica (1-1), les deux hommes ont ainsi livré un match plein, chacun dans son registre.

Cheyrou s'est comporté en véritable patron protéiforme du milieu de terrain. Précieux dans son activité défensive, où il a ratissé en grande intelligence avec Cissé de nombreux ballons portugais, il s'est aussi illustré dans la capacité à se projeter vers l'avant et renverser le jeu sur quelques transversales bien senties, que lui autorise sa fine technique.

Le Parisien avait aussi brillé au Parc des Princes contre le Paris SG (3-0), le 28 février, où son 3e but tout en jaillissement, notamment, avait marqué les esprits.

A 28 ans, déjà auteur de 5 buts -son record- et quatre passes décisives, l'ancien Auxerrois traverse une période faste, "après un mois de novembre un peu à vide", comme le souligne justement l'entraîneur Didier Deschamps.

L'automne n'a pas toujours été flamboyant pour le milieu marseillais en effet, apparaissant moins affûté physiquement et nettement moins influent dans le jeu.

Mais ce cadre écouté de l'équipe, dont la palette technique et l'impact offensif sont beaucoup mieux exploités aux yeux de Deschamps dans un schéma en 4-3-3 qu'en 4-4-2, a su revenir à sa forme du tout début de saison, aidé de surcroît par les meilleures dispositions de l'Argentin Lucho qui le décharge d'une partie de l'animation offensive.

Palmarès à meubler
Appelé pour la première fois en sélection pour affronter l'Espagne le 3 mars, Cheyrou s'est contenté du banc de touche et des échauffements en cours de match. "Mais il a le droit d'espérer", estime Deschamps au sujet de son deuxième joueur de champ le plus utilisé derrière le défenseur Souleymane Diawara.

Bonnart, lui aussi, retrouve ses meilleures sensations. Non seulement défensivement, comme l'illustre son gros duel avec la vedette argentine du Benfica Angel Di Maria, mais aussi dans le registre offensif où il se montre plus incisif.

C'est sur l'un de ses centres que Ben Arfa a égalisé de la tête à la 90e minute. Lui aussi profite de la montée en régime de Lucho, dont la zone de prédilection se situe à droite, le flanc qu'il occupe malgré quelques "piges" à gauche pour remplacer Taiwo ou Heinze.

Parfois concurrencé par Kaboré, Bonnart, 30 ans, affirme en tout cas ne pas être "perturbé" par sa ligne de vie incertaine à l'OM, où il sera en fin de contrat en juin. "Je jouerai où on l'on me témoignera de l'envie", disait-t-il récemment.

Une sorte de léger appel du pied à ses dirigeants, qui lui ont depuis signifié leur intention de prolonger son bail. "J'aimerais qu'on le conserve dans le groupe. Il le sait, je lui ai dit", explique Deschamps, alors que le joueur, comme beaucoup de ses coéquipiers, souhaite enfin remporter un titre, en écho aux propos début mars d'un autre "ancien", Mathieu Valbuena, qui "en a marre de voir inscrit néant" sur son palmarès.