En signant avec l'ancienne star d'Arsenal et de Barcelone, Thierry Henry, la Major League Soccer (MLS) compte attiser l'intérêt pour le beau jeu et tirer parti de l'effervescence soulevée par le récent rendez-vous mondial du ballon rond.

Dans le sillage des exploits des Stars and Stripes, finalistes de la Coupe des Confédérations de la FIFA 2009 et huitièmes de finaliste d'Afrique du Sud 2010, on peut espérer voir les Etats-Unis, jusqu'ici peu amateurs de football, se prendre d'intérêt pour le championnat américain, qui s'est poursuivi parallèlement à la Coupe du Monde de la FIFA.

"J'entame un nouveau chapitre enthousiasmant de ma carrière", annonce Henry, qui a signé un contrat de plusieurs années pour un montant non divulgué avec le Red Bull New York, où il évoluera aux côtés de l'ancien pensionnaire d'Aston Villa et international colombien Juan Pablo Angel. "C'est un honneur de jouer pour les Red Bulls. Mon unique objectif sera d'aider le club à remporter son premier championnat."

"Certains pensent peut-être que je vais à New York en vacances, comme il m'est arrivé de le faire, mais ce n'est pas le cas cette fois", ajoute l'ex-Gunner. "Je suis un compétiteur et je n'aime pas perdre." L'international français a disputé quatre Coupes du Monde de la FIFA, dont la dernière campagne désastreuse des Bleus en Afrique du Sud.

L'héritage du Cosmos
Actuellement deuxième de la Conférence Est, les Red Bulls étrennent cette saison un stade flambant neuf de 25 000 places à Harrison, dans le New Jersey. De son côté, LA Galaxy, leader sur le front Ouest, devrait bénéficier du renfort de David Beckham, l'autre grande star recrutée par la MLS en 2007. De retour après la rupture du tendon d'Achille qui lui a coûté sa participation à Afrique du Sud 2010, celui-ci se joindra au combat pour la suprématie nationale.

Aucune équipe de la "Grosse Pomme" n'a remporté de compétition de haut niveau depuis 1982, année où la pléiade d'étoiles du New York Cosmos a raflé le championnat de la défunte North American Soccer League. Les Red Bulls, autrefois connus sous le nom de New York/New Jersey MetroStars, n'ont atteint la finale du championnat qu'une fois depuis la création de la MLS en 1996.

Les craintes émises par certains supporters de transformer le championnat américain en retraite dorée pour gloires vieillissantes ne sont pas partagées par la direction des Red Bulls. "Thierry Henry est sans conteste l'un des footballeurs les plus talentueux et les plus célèbres de ces 15 dernières années", commente Dietmar Beiersdorfer, directeur sportif des Red Bulls.

Dan Courtemanche, responsable marketing de la MLS, renchérit : "Voir un joueur de cette envergure rejoindre la MLS et évoluer dans les rangs des Red Bulls ne peut qu'accroître le prestige du football dans notre pays".

Faire ses preuves
A 32 ans, Henry n'en devra pas moins faire ses preuves à New York. Très peu utilisé la saison dernière à Barcelone, il a été cantonné au rôle de remplaçant lors des trois matches de la France en Afrique du Sud. Son futur partenaire en attaque, Angel, ne s'inquiète cependant pas de la qualité du jeu d'Henry, qu'il considère comme "l'un des plus grands footballeurs de sa génération".

Henry fera son entrée sur les pelouses américaines la semaine prochaine à l'occasion d'un amical contre Tottenham, grand rival d'Arsenal, club où il a connu son apogée. Avec sa vitesse et son expérience, les Red Bulls espèrent se poser en rival sérieux du LA Galaxy de Beckham et Landon Donovan et arracher le titre en MLS. Reste au meilleur buteur historique d'Arsenal et des Bleus à se montrer à la hauteur des attentes de l'exigeant public new-yorkais.