La relégation historique de Nantes en L2, effective en dépit d'un dernier succès mercredi à Bordeaux (0-1), est le fruit d'une nouvelle saison pleine d'incohérences tant administratives que sportives, lors de laquelle quatre entraîneurs se sont succédé au chevet du 20e de L1.

Avec du recul, il paraît évident que la saison ne pouvait pas bien partir puisque l'entraîneur d'alors Serge Le Dizet n'était déjà plus dans les petits papiers des dirigeants avant que celle-ci commence.

"Je n'aurai connu que six mois de répit et de légitimité depuis ma nomination en janvier 2004: les six premiers", n'a eu de cesse de clamer le coach fatigué et usé dont les joueurs ne comprenaient plus toutes les décisions (Guillon capitaine, Pierre sur la touche...), évincé le 20 septembre 2006.

Ce n'est pas la défaite contre Lyon, mais plutôt celle à Lorient (1-3) qui déclenche les foudres de l'actionnaire: "s'il n'est pas bon, il n'y a qu'à le changer!", tonne Dassault, pour qui le football n'est pas une priorité.

Sans poids dans le club et privé d'appuis, il laisse sa place à Georges Eo, son adjoint, qui avait fait acte de candidature par voie de presse interposée.

Nantes, qui n'a pas gagné un match, est alors 19e et paie ses trop nombreuses approximations tactiques, ses changements de titulaires répétés, sa frilosité et son positionnement bas.

Attaque neurasthénique
Si les mois qui arrivent vont permettre de le stabiliser, son attaque neurasthénique et l'incapacité des buteurs à concrétiser leurs occasions resteront préjudiciables jusqu'à la fin de la saison. Au point que l'inconnu Payet et Keserü, éduqués "à la nantaise" dans le creuset de la tradition, sont même les meilleurs réalisateurs du club avec quatre buts.

Nantes, et son groupe composé de 14 nationalités, n'a pas compris qu'en changeant la recette, la soupe jaune allait faire la grimace. Un recrutement quasi exclusivement issu de l'étranger imputable à N'Doram, alors que "SLD" voulait de l'estampillé français (Ziani, Hellebuyck) et une réduction du train de vie du centre de formation instaurée par Gripond achèvent de vider de ses ressources propres et de son histoire un club qui s'est construit sur le jeu.

Recalé en 2003, Eo, l'éternel adjoint, est finalement préféré à la doublette Blanc-Boghossian alors qu'Halilhodzic avait décliné l'invitation estivale. "Rien de nouveau", annonce d'entrée le numéro 2 devenu numéro 1.

Quelques mesurettes comme des sorties du placard (Pierre, Norbert, Briand), un changement de capitaine, donnent un nouveau souffle... qui va vite s'éteindre.

Dans la coulisse, le FCNA perd son sponsor, la société de paris en ligne Gamebooker, mis à l'index par la loi française.

Les compositions d'équipe plaisent de moins en moins au président qui donne son avis, et Cubilier vient même se plaindre directement à N'Doram. Le président Roussillon doit même justifier ses émoluments, lui qui à son arrivée avait annoncé qu'il toucherait le SMIC, ainsi que ceux de sa compagne, embauché avec un rôle mal défini.

Le cadeau Barthez...
Juste avant Noël, M. Roussillon s'offre un quart d'heure de gloire télévisée pour délivrer un cadeau à ses supporteurs et sortir Fabien Barthez de sa retraite. Dans la foulée, Nantes s'impose à Toulouse pour accéder à la 17e place, à deux rangs de son meilleur classement de l'année.

Juste le temps pour "la diva chauve" de constater que Nantes "c'est le club Med" et tenter d'imposer son diététicien personnel, avant de partir précipitamment à l'issue de plusieurs incidents dans le groupe et d'une altercation avec des supporteurs après Nantes-Rennes, le 28 avril.

Entre-temps, Valenciennes est venu exploser les Canaris (5-2) le 10 février et précipiter le départ d'Eo, une nouvelle fois remplacé par son adjoint Michel Der Zakarian, entraîneur du "loft" en début de saison, auquel on adjoint Japhet N'Doram avec pour charge de faire passer les messages publics de l'ombrageux Arménien.

"Je ne vois pas bien la rupture...", s'interroge dans la foulée Suaudeau.

Démembré, le FCNA part à vau-l'eau depuis le 1er avril et une 20e et dernière place offerte par une boulette de Barthez contre Sedan (0-1). Le vestiaire s'est fissuré, une partie du staff fait ses valises et plusieurs salariés devraient être licenciés.

Mais Der Zakarian et N'Doram devrait poursuivre leur oeuvre l'an prochain en L2. L'un en retournant au recrutement, l'autre en gardant les rênes de l'équipe.