Un entraîneur sur le départ, deux co-présidents marquant leur territoire, des joueurs dans le doute: l'AS Saint-Etienne, qui joue samedi à Sochaux, termine le championnat de L1 de football dans la confusion et pourrait vivre une saison prochaine difficile.
Les Verts, 9e après avoir rêvé à l'Europe, pourraient, en cas de défaite face aux Sochaliens, se retrouver 14e, un rang inférieur aux objectifs de la direction bicéphale du club de se classer au moins 8e.
Cette issue serait décevante pour un club jamais classé cette saison dans la seconde moitié de la L1 hormis au terme de la première journée mais l'ASSE possède la 18e défense du championnat (49 buts encaissés) et a effectué un parcours de relégable lors de la phase retour (18e).
L'entraîneur Ivan Hasek pourrait laisser son poste à son adjoint, Laurent Roussey, dans le cadre d'un large remaniement de l'encadrement technique.
Hasek, personnage travailleur mais discret, ne s'est pas vraiment imposé et semble être l'une des victimes collatérales du départ lors du marché d'hiver des transferts du meilleur buteur du club, Frédéric Piquionne, prêté à l'AS Monaco avec une option d'achat de 6,75 millions d'euros.
Lutte d'influence
L'entraîneur tchèque a également refusé de choisir son camp dans la lutte d'influence que se livrent les co-présidents Bernard Caïazzo ou Roland Romeyer.
Ce dernier semble aujourd'hui favorable à la nomination de Roussey, ancien avant-centre des Verts, mais l'adjoint d'Hasek réfléchit au bien fondé d'une éventuelle promotion à la tête de l'équipe professionnelle, conscient de la difficulté de la tâche dans un contexte instable.
Par ailleurs, Vahid Halilhodzic (ex-Lille et Paris-SG), qui cherche à rebondir en France, pourrait être l'homme de Caïazzo alors que Frédéric Hantz (Le Mans) pourrait pallier un éventuel refus de Roussey, dans l'esprit de Romeyer.
Jean-Marc Furlan (Troyes) pourrait être un homme de compromis entre les deux co-présidents, comme Hasek, l'an dernier.
Mais la direction technique du club n'est pas le seul domaine dans lequel Caïazzo et Romeyer cherchent à marquer leur territoire.
Le premier, qui a repris le club en 2004, peu avant la remontée en Ligue 1, représente le relationnel parisien avec les médias et des partenaires nationaux mais n'a pas la confiance locale.
Instabilité
Il s'appuie sur les hommes qu'il a placés comme Omar Da Fonseca, chargé du recrutement et qui entretient une filière sud-américaine tardant à être efficace sportivement, et Vincent Tong-Cuong, directeur général.
A l'inverse, Romeyer est un industriel du cru, qui militait déjà autour de l'AS Saint-Etienne il y a trente ans, quand il soutenait l'action du président emblématique, Roger Rocher.
Il est très introduit auprès des "Anciens Verts", association qui cherche à conserver une influence sur l'ASSE, mais aussi des groupes de supporteurs qui ne peuvent être négligés à Saint-Etienne.
A ce contexte s'ajoute le départ probable de plusieurs joueurs-clé comme les défenseurs Hérita Ilunga qui n'a pas été prolongé, Zoumana Camara, l'un des meilleurs stéphanois cette saison, des milieux Julien Sablé et Pascal Feindouno ou encore l'attaquant Matt Moussilou, prêté par Nice mais dont l'option d'achat n'a pas été levée.
Incertaine sur son encadrement, sur la valeur de son équipe après son recrutement, l'AS Saint-Etienne vise néanmoins une place parmi les sept premiers de la Ligue 1 la saison prochaine, mais la grande instabilité qui perdure au club ne paraît pas être un facteur de progression.