En déplacement jeudi à Bilbao en Europa League, le Paris SG s'apprête à trouver sur son chemin un Athletic relooké par le nouvel entraîneur du club basque, l'Argentin Marcelo Bielsa, dit "El Loco", "le fou".

Le technicien, ancien sélectionneur de l'Argentine, avec laquelle il a remporté les Jeux d'Athènes en 2004, puis du Chili, qu'il a qualifié pour les Mondiaux de 2010, détonne par sa conception élaborée du football dans un club comme l'Athletic. Le style du club basque, traditionnellement plutôt "nature" et brut de décoffrage, a en effet déjà changé du tout au tout avec "El Loco".

Finis le "kick and rush" à l'anglaise et les centres aériens à tout va de l'ère Caparros, place au "toque", à la circulation de balle rapide et aux passes dans les intervalles "made in Bielsa". Quand on est Argentin, qui plus est de Rosario, la ville natale d'un certain Leo Messi, on ne se refait pas.

La méthode d'"El Loco", si elle a déjà eu des effets largement bénéfiques sur le jeu de l'Athletic, n'a toutefois pas encore porté ses fruits du point de vue comptable. La seule victoire obtenue jusqu'à présent par les Basques est ainsi à recenser en Europa league, contre un adversaire a priori modeste, le Slovan Bratislava (2-1). Pour le reste, beaucoup de matches de Liga perdus sur le fil, qui plombent pour l'instant le club basque, avant-dernier au classement.

"El Loco" contre "El Flaco"
Face à cette panne de résultats, Bielsa a déjà dû faire face aux premières critiques, d'autant plus virulentes que l'Argentin est le pari du nouveau président Jose Urrutia, élu cette année en lieu et place de Fernando Garcia.

Mais "El Loco" en a vu d'autres et affirme savoir parfaitement où il va. "Il est vrai que nous avons pour l'instant du mal à remporter nos matches. Notre attaque est encore poussive. Mais je vois de nets progrès. Notre dernier match contre Villarreal est ainsi notre meilleure prestation jusqu'à présent", a expliqué l'Argentin en conférence de presse après le nul, samedi, face au Sous-marin jaune (1-1).

Ce match marque effectivement une progression dans le jeu de l'Athletic. Le ballon circule désormais bien au milieu entre Javi Martinez, jeune milieu de la sélection espagnole, Muniain, la promesse du club, et Iraola. Seul l'attaquant international Fernando Llorente, déboussolé par le nouveau système de Bielsa et sevré de centres aériens à reprendre de la tête, a pour l'instant du mal à s'adapter.

Bielsa a d'ailleurs annoncé le même onze de départ contre le PSG que face à Villarreal, avec comme seul changement Oscar De Marcos pour remplacer Gabilondo sur l'aile gauche. Gageons que le coach des Basques, fin connaisseur du football argentin et maître du tableau noir, tient déjà tout prêt son plan anti-Pastore. Javi Martinez, sans doute le meilleur joueur de l'Athletic depuis le début de saison, devrait ainsi suivre le meneur de jeu du PSG comme son ombre.

Jeudi, on saura donc si le stratagème d'"El Loco" pour museler "El Flaco" (le surnom de Pastore) a porté ses fruits.