A l'heure d'un nouveau clasico, en quarts de finale de la Coupe du Roi, mercredi au Bernabeu, le Real Madrid, motivé par ses cinq points d'avance en Liga sur le FC Barcelone, part-il pour autant avec un avantage psychologique sur un rival vainqueur de leur dernière confrontation ?
La question mérite d'être posée à double titre
D'une part, parce que depuis leur victoire (3-1) dans l'antre des Blancs lors du dernier clasico, en décembre, les Blaugrana n'ont pas confirmé sur le plan comptable ce résultat. Alors revenus à trois points, ils en comptent aujourd'hui cinq de retard.
D'autre part, parce que les hommes de Pep Guardiola, contrairement à la saison dernière, semblent moins irrésistibles, notamment à l'extérieur (une défaite et quatre nuls).
"Cette année, certaines rencontres nous posent un peu plus problème. Nous n'avons pas de théorie pour expliquer ce phénomène, cela arrive, c'est tout", a juste constaté le milieu de terrain Xavi Hernandez, lundi en conférence de presse, avec sa placidité habituelle.
"De toute façon, nous ne savons pas spéculer", a ajouté Xavi. "Nous attaquerons comme toujours. Avec plus ou moins de succès, mais nous chercherons toujours à gagner en marquant le plus grand nombre possible de buts".
Fragile le Barça ? Le Real circonspect
Pas question donc de mettre en doute le style de la maison, invariablement attachée à ses sacro-saintes valeurs de jeu et de possession du ballon. Surtout quand ces valeurs se révèles gagnantes, comme très souvent ces dernières années, face au meilleur ennemi madrilène, battu deux fois (pour un nul) lors des trois clasicos déjà joués cette saison.
Côté Real, on regarde la prétendue fragilité du moment du Barça d'un oeil pour le moins circonspect.
Interrogé sur un éventuel supplément d'âme insufflé par l'avance du Real en championnat, Mourinho a évacué la question d'un revers de main: "Le championnat et la Coupe n'ont rien à voir".
Du moins du point de vue d'un possible effet psychologique. Car pour le reste, il est sûr que "Mou" s'appuiera sur les enseignements de la défaite du premier clasico de la saison pour tenter d'en inverser le résultat en Coupe.
Par exemple, en renforçant son milieu avec un troisième homme ou en alignant cette fois-ci d'entrée sa paire d'attaquants Benzema-Higuain.
Match à forte résonance
Match de la défiance, ce premier clasico de l'année 2012 sera aussi celui des absents, nombreux, dans les deux camps.
Côté Real, on déplore les forfaits de Khedira (cheville) et d'Arbeloa, suspendu. La participation de Di Maria, victime d'une contracture lundi à l'entraînement, est très incertaine.
Coté Barça, l'attaque est diminuée par les indisponibilités de Pedro et de Villa, blessé longue durée, le Malien Seydou Keita étant lui à la Coupe d'Afrique des Nations.
Mais même légèrement édulcoré, ce clasico, dont l'impact pourrait résonner bien au-delà de la Coupe du Roi et marquer psychologiquement l'un des deux rivaux pour le reste de la saison, reste un clasico.
