Il n’a fallu que trois réalisations à l’attaquant international roumain de Nancy Daniel Niculae pour être désigné sauveur du club lorrain. Ses trois buts, contre Brest, Ajaccio et Nice, ont rapporté cinq points indispensables à une équipe qui a passé la première partie de saison dans la zone rouge.


Dans le sillage de Niculae, Nancy sort peu à peu la tête de l’eau. Dix-septième au classement, l'équipe n’est pour l’heure plus relégable, mais la route vers le maintien s’annonce longue. Elle passe notamment par un choc contre Auxerre, seizième, ce samedi 28 janvier, à l’Abbé Deschamps. L’occasion pour Daniel Niculae de retrouver un club cher à son coeur, dont il a porté les couleurs durant quatre années. FIFA.com l’a rencontré à quelques heures de ces retrouvailles.

Daniel Niculae, vous avez été écarté des terrains ces dernières semaines en raison d’une douleur à la cheville. Dans quel état de forme abordez-vous vos retrouvailles avec l’AJ Auxerre ?

Ça va beaucoup mieux. Il s’agissait d’une blessure survenue l’année dernière qui s’est réveillée. La même qui m’avait gâché la majeure partie de la saison à Monaco. Il fallait être prudent. Aujourd’hui je vais bien. J’espère que cela va durer jusqu’à la fin de la saison car c’est impératif d’avoir tout le monde en forme pour la deuxième partie du championnat.

Après un début de saison très difficile, Nancy semble aller un peu mieux…
J’ai en effet le sentiment qu’on sort un peu la tête de l’eau, mais rien n’est encore fait. Avant la trêve, on a quitté Marseille dans un costume de non-relégable. Le match suivant, on retournait dans la zone rouge. Tout va très vite. Le championnat va se jouer jusqu’à l’ultime journée pour nous. Nous devons nous accrocher. L’équipe a changé de visage cet été : c’est le début d’un nouveau cycle. A nous de le poursuivre en Ligue 1.

Vous avez été l’auteur de buts décisifs contre Nice, Brest, et Ajaccio. Avez-vous le sentiment d’être le sauveur lorrain ?
Je ne suis pas un sauveur, je suis juste quelqu’un qui donne tout pour aider son équipe, et c’est ainsi dans tous les clubs par lesquels je passe. C’est ma mentalité. Ce qui m’importe c’est que mon équipe gagne, quand bien même elle n’aurait pas besoin de moi pour cela. Le club n’a pas besoin d’un sauveur, il a uniquement besoin de travailler. Il n’y a que comme ça que l’on y arrive.

C’est la deuxième année de suite que vous vous battez pour éviter la relégation. Cela ne vous a pas souri avec Monaco. Quel enseignement en avez-vous tiré ?
On avait pourtant bien commencé la saison… Je n’avais vraiment pas le sentiment qu’on était parti pour jouer le maintien. A titre personnel, je me suis rapidement blessé, et j'ai beaucoup galéré par la suite ! En tout cas, cette descente montre une fois de plus qu’en football tout est possible. La qualité d’une équipe c’est une chose, mais il faut impérativement qu'elle sache garder les pieds sur terre !

Vous vous apprêtez à jouer contre Auxerre, seizième et concurrent direct au maintien. Quel souvenir gardez-vous de votre séjour au club ?
Je n’en garde que des bons souvenirs. J’ai encore pleins d’amis là-bas, beaucoup de gens pour qui j’ai énormément de respect. J’ai été accueilli là-bas avec beaucoup de chaleur humaine. Ce club va rester dans mon cœur toute ma vie. Pour nous c’est une situation difficile, pour eux aussi. Ce match va être une espèce de "derby pour le maintien". Espérons que ça tourne à notre avantage !

Quel regard portez-vous sur Jean Fernandez, votre entraîneur, qui vous avait déjà sous ses ordres à l’AJA ?
C’est un très bon entraîneur avec beaucoup d’expérience. Il connaît très bien ses joueurs, et sait à chaque fois en tirer le meilleur. C'est quelqu'un de rigoureux qui travaille dans la longueur. Je suis d’ailleurs convaincu qu’avec le temps, son travail va payer. J'ai le sentiment que nous sommes sur la bonne voie. Nous concernant, il y a, je crois, un respect mutuel. C’est sans doute l’entraîneur qui me connaît le mieux. Il sait exactement comment comment me rendre utile pour aider son équipe. Jean Fernandez est un grand monsieur avant d’être un grand entraîneur : le genre de personne qui donne envie de jouer pour lui.

Jean Fernandez répète à chaque début de saison qu’il joue le maintien. N’êtes-vous pas typiquement le "guerrier" qu’il recherche pour ce genre de mission ?
J’ai conscience que dans le football moderne, les simples qualités techniques et physiques ne suffisent pas. Il faut également avoir beaucoup d’envie et d’ambition : être un guerrier ! C’est difficile de rester au plus haut niveau sans cela. J’aime me donner à fond sur un terrain. J'aime sortir fatigué d’une rencontre, conscient que j’ai tout donné pour gagner.

En tant qu’international (39 sélections - 10 buts), comment expliquez-vous les difficultés actuelles de la Roumanie qui n’a pas réussi ni à se qualifier pour la Coupe du Monde de la FIFA 2010, ni pour l’UEFA EURO 2012 ?
Le niveau du championnat roumain a beaucoup baissé ces dernières années, et ça s’en ressent au niveau de l’équipe nationale. J’ai l’impression que les autres pays ont tendance à progresser, et nous à reculer. Si nous n’avons pas réussi à nous qualifier pour l’Euro, ni pour la Coupe du Monde, cela veut dire que nous ne l’avons pas mérité. Tout simplement. Maintenant, les qualifications pour la Coupe du Monde au Brésil se profilent à l’horizon et nous allons essayer évidemment de faire mieux, en espérant que la spirale négative s’arrête, et qu’un nouveau cycle commence.

Avez-vous un modèle ?
Gheorge Hagi, bien sûr ! Pour nous Roumains,  c’est une véritable icône… J’ai également beaucoup  d’estime pour Daniel Pancu, qui a joué quelques années au Besiktas et que j’ai eu la chance de côtoyer sous le maillot du Rapid Bucarest. Un très grand joueur !