Animateur auto-déclaré du mercato avant son ouverture, le Paris SG s'est longtemps contenté de brasser de l'air avant d'accélérer sur la fin, laissant la palme du recrutement malin à Bordeaux et celle de la bonne opération financière à Lille, qui a cédé Sow.
Avec Beckham, Pato, Tevez, voire Kaka, on allait voir ce qu'on allait voir au PSG, en quête de renforts offensifs de classe mondiale!
On a vu: même si la campagne de recrutement est susceptible jusqu'à mardi minuit de prendre une allure plus prestigieuse, seuls le latéral gauche Maxwell, remplaçant à Barcelone, et le stoppeur Alex, barré par son coach à Chelsea, étaient arrivés avant la fermeture.
L'arrivée, dans les dernières heures du marché, du relayeur de l'Inter Thiago Motta, confirmée par une source au club mais pas encore officialisée, voire celle d'un buteur d'envergure - on reparle de Pato pour finir en beauté et au sprint le marathon hivernal - donnerait une toute autre ampleur à la campagne du directeur sportif Leonardo. Surtout, elle redorerait son blason aux yeux de ses dirigeants.
Car pour l'heure, point de Beckham, de Pato ou de Tevez, même si les contacts avec ces trois-là ont été très aboutis et les dossiers tout proches d'être bouclés.
Mais Ancelotti n'a pas souhaité que l'Anglais vienne aux conditions qui avaient été négociées avec lui, le Brésilien du Milan AC s'est vu opposer un veto de son influent beau-père Silvio Berlusconi, et l'Argentin de Manchester City, malgré un conflit violent avec son entraîneur qui lui vaut de ne plus jouer depuis fin septembre, ne voyait le PSG que comme un plan B derrière l'AC Milan.
Bordeaux en activité
Dans les autres camps de la L1, quelques-uns ont, malgré des moyens bien inférieurs à ceux du PSG, joint l'utile à l'agréable.
Bordeaux, qui a prêté à Blackburn Modeste, dont l'apport aux Girondins est aussi peu ambitieux que le nom, a ainsi reconstruit son flanc droit en embauchant le défenseur brésilien Mariano et le milieu polonais de Lille Ludovic Obraniak.
Les Dogues, justement, ont surtout tenté de privilégier leurs finances, au risque de s'affaiblir sportivement. Le départ à Fenerbahce du meilleur buteur de la saison dernière, Moussa Sow, a ainsi rapporté 12 M EUR dans les caisses du champion de France, record de l'hiver.
Pour compenser, le Losc a jeté son dévolu sur Nolan Roux, dépensant ainsi une partie du bas de laine à peine constitué (8 M EUR), et faisant de Brest un acteur involontaire du marché. L'ancien Brestois a réussi ses débuts, avec un doublé contre Saint-Etienne.
En défense, Lille a récupéré Cetto, l'ex-Toulousain de Palerme, ce qui semble constituer un désaveu pour Rozenhal, l'habituel remplaçant à tout faire, et n'a pas manqué de faire grincer quelques dents en interne.
En revanche, les autres cadors actuels ou supposés de la L1 n'ont pas fait parler la poudre, pris à la gorge par des impératifs financiers.
Erding à la relance
Marseille a ainsi renvoyé Lucho à Porto, pour économiser son salaire, et rappelé l'attaquant Brandao pour faire le nombre.
Lyon, 4e, et Montpellier, 2e, font encore mieux avec aucune arrivée et les départs de joueurs inutilisés.
Dans ce marasme, Rennes pourrait avoir fait une bonne affaire en finissant par engager le Parisien Erding, qui lui avait échappé en juin dernier. Délaissé par Ancelotti et le PSG, l'attaquant franco-turc va désormais avoir tout le loisir de se relancer. A condition de retrouver rapidement la forme!
Nice a fait des paris sur des joueurs caractériels en recrutant Anin, l'ingérable fugueur de Sochaux, et Grandin, brièvement apparu à l'OM avant de filer discrètement à Blackpool, via Grenoble et Sofia...
A Dijon, on a misé sur la loi du nombre, avec pas moins de six arrivées. Mais seule celle de Kakuta, prêté par Chelsea, est susceptible de parler aux supporteurs du club.
