Cela ne fait aucun doute, Monterrey est l'une des équipes mexicaines les plus solides depuis dix ans. Depuis 2003, le club a conquis trois des quatre titres nationaux qui ornent sa galerie de trophées. En 2011, Monterrey a été récompensé de sa constance en remportant la Ligue des champions de la CONCACAF sans déplorer la moindre défaite, décrochant au passage son billet pour la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA au Japon.
Mais l'escapade asiatique s'est terminée plus vite que prévu, laissant un goût d'inachevé au champion d'Amérique du Nord, centrale et Caraïbes. Dès leur entrée en lice face à Kashiwa Reysol, les Rayados ont en effet été éliminés aux tirs au but, après un score final de 1:1. "Ça a été une grosse déception. On ne s'attendait pas à un tel résultat", avait confié Humberto Suazo à FIFA.com avant de s'emparer quelques jours plus tard de la cinquième place du tournoi aux dépens de l'Espérance Sportive de Tunis.
Mais tout va très vite dans le football moderne et la formation dirigée par Víctor Manuel Vucetich va peut-être avoir l'occasion de prendre rapidement sa revanche : Monterrey s'apprête en effet à affronter Santos Laguna en finale de la Ligue des champions de la CONCACAF 2012. Avec, en ligne de mire, un nouveau billet pour l'épreuve reine des clubs.
Le tenant du titre a commencé par sortir vainqueur de son groupe, avant de dominer aisément Monarcas Morelia 7:2 en cumulé en quart de finale puis d'écarter les Pumas de la UNAM en demi-finale malgré un nul 1:1 au match retour. On a coutume de dire que l'ultime marche est toujours la plus difficile à grimper, à plus forte raison face à une équipe de Laguna qui compte deux points d'avance sur les Rayados dans le tournoi de clôture mexicain. Mais Monterrey a soif de vaincre et tient un bel atout dans sa manche…
L'homme des finales
Monterrey a la chance d'avoir sur son banc un entraîneur du nom de Víctor Manuel Vucetich, qui, à 56 ans, pourrait susciter la jalousie de nombreux confrères. Cet homme peut en effet se targuer d'avoir remporté chacune des 11 finales disputées au cours de sa carrière de technicien. Que ce soit en deuxième division mexicaine, au sein de l'élite ou encore dans les compétitions internationales, Vucetich a prouvé sa capacité à remporter des titres, ce qui lui a valu le surnom de Roi Midas. Car tout ce qu'il touche, il le transforme en or…
Il entame sa carrière d'entraîneur en 1988, à 33 ans, offrant à Toros Neza le titre de deuxième division mexicaine dès sa première année de contrat. Une saison plus tard, il s'engage avec León, toujours en D2 mexicaine, et rafle deux titres consécutifs. Il enchaîne ensuite les trophées avec des clubs autrement plus cotés tels que Tecos, Tigres, Cruz Azul, Pachuca et Monterrey, qui a glané quatre titres sous ses ordres.
El Vuce n'est pourtant pas l'unique secret du succès de Monterrey. Si les Rayados rayonnent autant depuis quelques saisons, c'est avant tout grâce au subtil équilibre entre un staff technique compétent et un effectif de qualité. Monterrey peut s'appuyer sur une redoutable puissance de feu, alimentée par Aldo de Nigris, Walter Ayoví, César Delgado et Humberto Suazo, qui sont à six unités de battre le record de buts du club en une saison. Si l'on ajoute une défense administrée de main de maître par Ricardo Osorio et Luis Pérez, on obtient une équipe performante dans tous les compartiments du jeu, qui sait faire preuve de variété en attaque et de rigueur dans la récupération.
Ces arguments permettront peut-être à Monterrey de conserver son titre de champion de la CONCACAF et de s'inviter au grand rendez-vous mondialiste en décembre prochain. "Pour gagner cette finale, les joueurs vont devoir laisser leur vie sur la pelouse. On veut retourner à la Coupe du Monde des Clubs, on veut notre revanche. L'objectif, c'est de revenir au Japon et de remettre les pendules à l'heure", annonce le milieu Jesús Zavala.
