La saison 2006-2007 a été un véritable cauchemar pour le Paris SG qui a vu s'abattre sur sa tête une succession de calamités: le licenciement d'un joueur, la mort d'un supporteur sur fond de racisme, le limogeage de l'entraîneur et un maintien assuré à l'avant-dernière journée du championnat.

Les nouveaux propriétaires du PSG (les fonds d'investissement Colony Capital Partners et Butler Capital Partners, la banque américaine Morgan Stanley), ne pouvaient rêver pire comme entrée en matière dans le monde du ballon rond. Même prévenus des spécificités de l'environnement de la capitale et de la surexposition médiatique de l'équipe, ils ne s'attendaient sûrement pas à cette avalanche de malheurs qui a failli sceller le sort du club et son avenir à plus ou moins court terme.

Dès le départ, tous les ingrédients étaient réunis pour faire de l'exercice 2006-07 le pire de l'histoire du PSG. Le doublé de Fiorèse et la victoire de Lorient (3-2) au Parc des Princes lors de la première journée de Ligue 1 ont d'abord été perçus comme une farce, comme celle que les ex-Parisiens se plaisent à faire régulièrement à leur ancien club.

Mais cette humiliation subie des pieds de l'attaquant lorientais a souligné d'entrée les carences d'une équipe censée jouer les premiers rôles aux côtés de l'ogre lyonnais, et surtout les limites d'un recrutement effectué à l'économie par des propriétaires peu enclins à casser leur tirelire. La prolongation de contrat et la revalorisation salariale accordée au capitaine Pauleta, sous la pression d'une surenchère de l'OL, a sans doute également grevé les comptes parisiens.

 

Le Guen, le sauveur

Les critiques adressées au corps arbitral, accusé de systématiquement sanctionner Mario Yepes pour tirage de maillot, ont ensuite montré le désarroi des Parisiens, incapables d'aligner deux succès d'affilée.

A la barre d'un navire à la dérive, le président Alain Cayzac, nommé en juin 2006 par les nouveaux actionnaires, s'est longtemps accroché à ses certitudes comme au maintien coûte que coûte de Guy Lacombe au poste d'entraîneur, avant de comprendre l'ampleur du désastre et de rappeler en urgence le sauveur Paul Le Guen à la mi-janvier alors que le club végétait à la 17e place.

Le dirigeant parisien avait d'abord fait une confiance aveugle à son technicien, sacrifiant même l'un de ses principaux atouts techniques, Vikash Dhorasoo, licencié pour "faute grave" après plusieurs semaines de tension avec Lacombe.

Malgré une victoire en Coupe de France en 2006, l'ancien Sochalien aura échoué dans sa tâche: ramener stabilité et tranquillité dans la capitale tout en hissant le club aux sommets de la L1 après deux piètres saisons (9e en 2004-05 et 2005-O6). Les chiffres sont à cet égard éloquents: en un an, Lacombe n'a réussi à s'imposer qu'à huit reprises en championnat, soit autant que Le Guen en à peine cinq mois.

 

Image écornée

La méthode plus douce et plus apaisante de l'ancien défenseur des années dorées du PSG (1991-1998) a tout de suite fait ses preuves, permettant de sauver le club qui termine tout de même à une piteuse 15e place.

Mais le pire, le PSG l'a connu avec cette funeste soirée du 23 novembre 2006. A la claque monumentale subie sur sa pelouse face au modeste Hapoël Tel-Aviv (2-4) en Coupe de l'UEFA s'est ajoutée l'hystérie collective de la frange la plus radicale des supporteurs parisiens, lancée à la poursuite des fans du club israélien. Bilan: un Parisien tué par un policier qui tentait de protéger un supporteur de l'Hapoël sur fond d'antisémitisme.

L'image, déjà mal en point, du PSG était ainsi définitivement écornée avec comme corollaire la fermeture durant quelques semaines d'une partie de la tribune Boulogne du Parc des Princes et une présence policière impressionnante à chaque rencontre.

Au-delà du fiasco sportif, ce drame a symbolisé la trajectoire d'un club partant à la dérive et qui n'aura obtenu son salut que d'extrême justesse.