Si Kaka a été salué comme le principal artisan de la campagne victorieuse du Milan AC cette année en Ligue des Champions, le retour en forme de son complément en milieu de terrain, Clarence Seedorf, a été tout aussi décisif dans le succès des Rossoneri.

"La présence de Seedorf sur le terrain est indispensable au Milan AC", a récemment confié Kaka à FIFA.com au sujet de son coéquipier néerlandais. "Il est capable d'élever son jeu au plus haut niveau. Il a été excellent face au Bayern en quarts de finale puis époustouflant contre Manchester United. Seuls les grands joueurs peuvent réaliser de telles performances."

Il y a 12 ans aujourd'hui, Seedorf, natif du Suriname, remportait sa première Ligue des Champions avec l'Ajax d'Amsterdam alors qu'il n'était qu'un adolescent. Depuis, il est devenu le seul joueur de l'histoire à avoir gagné ce trophée avec trois clubs différents, lui qui a triomphé avec le Real Madrid en 1998, puis avec le Milan AC en 2003. En comptant sa quatrième victoire en Ligue des Champions acquise cette année, Seedorf n'est plus devancé que par un seul homme : le capitaine du Milan, Paolo Maldini. Mais comme le Néerlandais a pu le confier à FIFA.com, une autre joie est venue s'ajouter la semaine dernière à ce quatrième sacre européen...

FIFA.com : Quelles sont vos impressions après avoir remporté une fois de plusla Liguedes Champions ?
Clarence Seedorf : C'est absolument extraordinaire, surtout si l'on considère à quel point cette saison a été difficile pour nous et pour tous ceux qui suivent le club. Tout le monde a énormément travaillé pour obtenir ce résultat. A l'heure qu'il est, c'est un grand déluge d'émotions qui m'envahit. Il nous faudra un certain temps avant de pouvoir nous rendre compte de notre performance. Le fait d'être allés si loin après être partis de si bas rend cette victoire exceptionnelle, c'est le moins qu'on puisse dire.

Vous avez remporté votre première Ligue des Champions à 19 ans seulement, sous le maillot de l'Ajax. Ces deux victoires sont-elles comparables ?
Ça me semble si loin ! Croyez-moi : chaque victoire a suscité chez moi des émotions différentes, mais ce n'est pas facile de les décrire. Tout ce que je peux dire, à l'heure qu'il est, c'est que je ressens une émotion incroyable, tout simplement fantastique. Une victoire en Ligue des Champions vous procure un sentiment très spécial. On ne peut pas le décrire, il faut le vivre.

Avez-vous eu des difficultés face au style de jeu de Liverpool ?
Tout à fait. Le style de jeu de Liverpool en fait une équipe très difficile à jouer.

Rafael Benítez a cherché à vous neutraliser. L'avez-vous remarqué ?
Oui, je m'en suis rendu compte en voyant combien mes partenaires avaient du mal à me trouver. Cette tactique a été appliquée dès la première minute du match et j'étais conscient d'être isolé tout au long de la partie. Dans ce sens, la stratégie de Liverpool a fonctionné.

Au regard de votre expérience, et après avoir déjà rencontré Liverpool auparavant, vous deviez avoir votre petite idée sur le déroulement de la finale ?
En effet. Ce n'était pas une belle finale à proprement parler, mais nous savions qu'il en serait ainsi face à Liverpool. Il nous fallait rester vigilants pendant toute la partie et nous assurer de ne pas faire de cadeaux. Nous étions persuadés qu'en faisant preuve de patience et d'opportunisme, nous pourrions nous créer des occasions. Heureusement, nous avons su marquer au bon moment, juste avant la mi-temps ; ça nous a beaucoup aidés.

Etes-vous d'accord pour dire que Milan a été un peu chanceux sur le premier but ?
C'est vrai, mais c'est venu à point nommé, car Liverpool formait un bloc très compact et difficile à manœuvrer. Je me suis donc réjoui que notre équipe réussisse à trouver la faille grâce à ce coup franc.

"Pippo" inzaghi, auteur d'un doublé ce soir là, a inscrit un nombre incroyable de buts au cours de sa carrière. Quel est son secret ?
Cela fait des années qu'il est à ce niveau. Il se trouve toujours au bon endroit au bon moment, et ça n'a rien à voir avec la chance ou le hasard. Je suis vraiment heureux pour lui.

Kaka a toujours fait partie des joueurs majeurs du Milan AC, mais peut-être encore davantage cette saison. Qu'en pensez-vous ?
Cette saison, Kaka a évolué plus haut, presque à la manière d'un attaquant, et il a été extrêmement efficace. Il a été décisif dans de nombreuses rencontres. Il a fini meilleur marqueur de la Ligue des Champions. Pour moi, il mérite largement le Ballon d'Or. Mais croyez-moi : il va encore progresser, il n'a pas encore atteint ses limites.

Vous avez également endossé un nouveau rôle cette saison. Pouvez-vous nous en parler ?
On m'a finalement laissé la possibilité de jouer à ma position favorite : un peu plus haut et plus au centre, juste derrière les deux attaquants. J'ai inscrit 10 buts cette saison, ce que je considère comme une très bonne performance. Je suis en parfaite forme physique, l'entraîneur me fait confiance et le club affiche toujours de grandes ambitions. Il est difficile de se démotiver lorsqu'on joue au Milan AC.

C'est votre quatrième sacre en Ligue des Champions. Vous devez commencer à vous y habituer. Celui-ci a forcément moins de saveur que le premier, non ?
Chaque victoire est différente et chacune a une saveur spéciale. C'est peut-être mon quatrième sacre, mais il m'est toujours impossible de décrire ce que je ressens à cet instant. C'est incroyable. Voici 11 fois que je dispute la Ligue des Champions, et je l'ai gagnée à 4 reprises, ce qui est plutôt honorable !

Que faites-vous de toutes les médailles de C1 que vous avez récoltées ?
Je les mets dans mon placard !

Il va falloir acheter un autre placard...
[ Rires] Il y a toujours de la place pour d'autres placards à la maison, en tout cas c'est ce qu'on m'a dit !

Les médailles sont-elles strictement identiques d'une année sur l'autre ?
Eh bien, l'année change, évidemment. On peut aussi remarquer quelques différences au niveau du design, mais fondamentalement, elles sont identiques.

Nous croyons savoir que la victoire d'Athènes n'est pas le seul motif de bonne humeur chez les Seedorf. Vous allez être père pour la deuxième fois, n'est-ce pas ?
Oui, c'est fantastique. Incroyable. L'autre "trophée" arrive dans quelques jours.


En effet, le lendemain de l'entretien, Denzel, le second fils de Clarence, a vu le jour. Un épilogue idéal pour un mois de mai digne d'un conte de fées.