Franck Ribéry part au Bayern Munich, mais il sait ce qu'il doit à l'Olympique de Marseille dont le public en a fait l'un de ses joueurs préférés malgré une 2e saison moins emballante et une image parfois écornée: une fulgurante accélération de carrière et un changement de statut.
Lorsqu'il débarque au Vélodrome à l'été 2005, en provenance du club turc de Galatasaray et au terme d'un transfert épineux, Ribéry n'est en effet qu'un porteur de promesses. Son bref passage à Metz le temps d'une demi-saison 2004-2005, avait certes attiré l'attention du milieu du foot français, mais le pari d'en faire un pilier de l'OM relevait d'une certaine audace.
Il ne fallut pas longtemps cependant pour comprendre que le casting était judicieux. Dès l'été, notamment lors des mémorables joutes d'Intertoto contre la Lazio Rome et La Corogne, le milieu offensif donne toute la mesure de son talent, qu'il confirme ensuite en championnat.
Le phénomène Ribéry prend corps. Ses qualités font frémir de plaisir le Vélodrome, soumis au régime sec depuis deux saisons: dribbles ravageurs, pouvoir d'accélération, sens de la passe décisive et du but. Une vraie pile, en somme. "On a l'impression qu'il n'a pas de rate", dira d'ailleurs Jean Fernandez, l'entraîneur marseillais qui l'avait recruté à Metz, l'extirpant des souterrains du National (Boulogne, Alès et Brest).
La "Ribérymania" ne se tarit pas. Elle se concrétise un peu plus lorsque le milieu offensif est appelé pour la première fois en équipe de France, juste avant le Mondial 2006 dont il sera l'une des révélations. Zidane lui-même l'adoubera.
"Espèce de joueurs disparue"
Sa seconde année à l'OM s'avèrera nettement
plus irrégulière, malgré une reprise de haut niveau sur la lancée
du Mondial. La faute à deux blessures au long cours (pubalgie et
fracture du métatarse du pied droit), qui ont tronqué sa saison.
Mais aussi, vraisemblablement, aux dommages collatéraux du long
feuilleton de son possible départ à l'été 2006, qu'il
alimenta lui-même partiellement par des déclarations
contradictoires, devenant même la cible du public marseillais. Sa
finale ratée de Coupe de France, comme en 2006, figure aussi à son
passif.
Mais comme le dit Michel Tonini, vice-président du club des supporteurs des Yankees, "Ribéry appartient à une espèce de joueurs disparue. Quand il touche le ballon, le public se dit en effet: +Que va-t-il se passer?+. A lui seul, il éclaire le jeu. Avant son arrivée, il faut se souvenir que le ballon avait du mal à arriver devant, dans les pieds des attaquants".
Issu d'un milieu modeste, le Boulonnais s'était aussi fait apprécier des supporteurs marseillais par sa disponibilité et manquait rarement dans ses propos de rendre hommage à leur légendaire ferveur.
Il lui reste à confirmer, à 24 ans, son statut de vedette incontestée du football français et à gagner en constance dans un club de haut standing, aux exigences encore supérieures à celles de l'OM. Une étape décisive dans une carrière menée au pas de charge.
