Après une saison 2006-07 médiocre, le Bayern Munich a cassé sa tirelire jeudi pour s'offrir les services du Français Franck Ribéry et de l'Italien Luca Toni, dans l'espoir de retrouver son standing en Allemagne et à terme en Europe.

Avant même que le Bayern ne rate avec sa 4e place son billet pour la Ligue des champions, les dirigeants bavarois avaient promis des grands noms et des dépenses sans précédent: ils ont tenu parole en recrutant un champion du monde, Soulier d'Or 2005-06, et un vice-champion du monde de 24 ans convoité par les plus grands d'Europe.

"Nous sommes très fiers d'avoir réussi à attirer deux vedettes internationales à Munich après une saison difficile", jubilait Uli Hoeness, le manageur général du club le plus titré du football allemand (20 titres de champion, 13 Coupes d'Allemagne et quatre victoires en C1).

Si Hoeness a refusé d'évoquer le montant de l'opération pour Ribéry qui --selon des sources proches de Marseille est de 26 millions d'euros, plus quatre millions en cas de qualification en Ligue des champions--, il a admis que "les règles qui ont régi ce club pendant 20 ans en matière de transfert ont radicalement changé".

60 millions d'euros
Onze millions d'euros pour Toni, 26 millions pour Ribéry --transfert le plus élevé de l'histoire de la Bundesliga--, 10 millions pour Marcell Jansen, autant pour l'Argentin Jose Ernesto Sosa, le Bayern a dépensé en quelques semaines plus de 60 millions d'euros, sans compter que Miroslav Klose pourrait encore arriver.

"C'est le prix à payer pour gagner des titres mais aussi proposer un spectacle attrayant", a insisté Hoeness qui était assis sur un trésor de guerre de 95 millions d'euros, plus les 25 millions d'euros reçus de Manchester United pour Owen Hargreaves.

Le Bayern avait officiellement convoqué la presse pour présenter Toni, 30 ans, en provenance de la Fiorentina, mais aux côtés du ténébreux avant-centre italien, se trouvait un invité surprise.

Convoité par le Real Madrid, Ribéry a finalement opté pour le sérieux et les ambitions du Bayern, ses bons souvenirs de son séjour en Allemagne lors du Mondial-2006 et un salaire annuel estimé à quatre millions d'euros.

"Il y a quelque chose de sentimental dans ce transfert", a admis le milieu offensif qui quitte Marseille après deux saisons.

De bons souvenirs
"Le Mondial-2006, c'est ma première expérience avec l'équipe de France et je n'en garde que des bons souvenirs même si on a perdu en finale", a insisté Ribéry qui a longtemps erré en National, avant de rejoindre Metz, puis Galatasaray (Turquie).

Si le choix de Ribéry peut paraître surprenant au regard du prestige perdu du Bayern Munich et de l'intérêt exprimé par le Real Madrid, la Bundesliga est sans doute le championnat qui lui convient le mieux.

"La Bundesliga, c'est beaucoup de duels et de un contre un, cela me plaît beaucoup", a synthétisé le ch'ti de Boulogne-sur-Mer qui ne sera plus soumis à la pression extérieure de tous les instants qu'il a connue avec Galatasaray et Marseille.

Sa progression fulgurante n'est pas sans rappeler celle de son nouveau coéquipier, Toni, qui évoluait encore il y a trois saisons en 2e division avec Palerme et n'avait jamais été retenu en équipe d'Italie.

Deux profils atypiques pour relancer un grand nom du football européen en quête de sa splendeur, le pari semble risqué, mais n'effraie pas Ribéry: "Le plus important, c'est de se faire plaisir sur le terrain, avec ses coéquipiers", a-t-il lâché avant de partir en vacances.