Conformément à leur souhait, les dirigeants marseillais ont promptement mené à bien "l'opération Ribéry", transféré jeudi au Bayern Munich pour 25 M EUR, s'offrant ainsi une marge de manoeuvre appréciable sur le chantier de leur mercato.

L'OM, refroidi par l'expérience de l'été dernier et le feuilleton du départ de Didier Drogba à Chelsea à l'été 2004, voulait à tout prix s'épargner un été d'incertitude.

Jusqu'au 10 août dernier, Ribéry avait soufflé le chaud et le froid sur ses velléités de départ. Il fallut l'intervention de l'actionnaire principal Robert Louis-Dreyfus et toute l'intransigeance du président Pape Diouf pour convaincre le joueur de rester une raison supplémentaire.

Deux ans plus tôt, le transfert à Chelsea de Drogba, icône du Vélodrome, avait aussi éprouvé les nerfs marseillais. Il s'était soldé fin août seulement et avait conduit à un recrutement précipité et mal réfléchi.

C'est pourquoi le duo Diouf-Anigo avait fixé à fin juillet maximum la date limite d'un règlement du cas Ribéry, dans un sens ou un autre. Notamment pour préparer au mieux une saison qui s'annonce très fournie avec la Ligue des champions.

Décidé à ne pas faire le forcing pour conserver le joueur, l'OM n'en a pas moins réalisé une "très bonne opération financière", comme le reconnaît Diouf. Et comment! Recruté libre de droit à Galatasaray en 2005, il vient d'être cédé 26 M EUR (plus 4 M EUR en cas de qualification du Bayern en Ligue des champions).

Quatre dossiers prioritaires
Conjugué aux recettes liées à l'épreuve reine européenne (environ 15 M EUR), l'OM dispose donc désormais avec le transfert de Ribéry d'une marge de manoeuvre conséquente, même si Diouf répète qu'il refuse de céder aux sirènes de "l'aventure" et des dépenses inconsidérées.

L'OM doit désormais régler quatre dossiers prioritaires.

En premier lieu, tout faire pour conserver l'attaquant Djibril Cissé, prêté avec option d'achat par Liverpool. Diouf devrait entreprendre les discussions dès samedi avec Rick Parry, patron du club anglais. Objectif: diminuer le montant de l'option (12 MEUR) ou négocier un nouveau prêt.

Deuxième axe: recruter un défenseur central de métier, susceptible d'être associé à Rodriguez. Le Serbe Marko Basa (Le Mans) figure sur la "liste", admet Diouf, mais l'OM juge les prétentions mancelles élevées et continue de prospecter à l'étranger.

Troisième priorité: s'attacher les services d'un milieu défensif et/ou relayeur, pour jouer aux côtés de l'indispensable Lorik Cana. Des contacts ont été établis avec les représentants de Julien Sablé (Saint-Etienne) et Benoît Cheyrou (Auxerre) mais les dossiers semblent en "stand-by". Le club marseillais pourrait donc arrêter son choix sur un défenseur capable aussi de jouer au milieu, plutôt côté gauche. Dans le viseur: un gros calibre, international jouant à l'étranger, pour lequel pourrait être consenti un investissement important.

Il faudra aussi remplacer Ribéry... Diouf n'est pas insensible aux appels du pied de Giuly (Barcelone), au salaire cependant élevé. Circulent aussi les noms de Karim Ziani (Sochaux) et de l'Argentin Solari (Inter), bien que Diouf ait réfuté cette hypothèse. Le marché ne fait cependant que commencer et l'heure n'est pas à l'urgence. Cela laisse aussi le temps de dénicher un autre attaquant.