Un club en quête de son prestige passé, un cadre idéal pour une jeune famille, les coups de gueule d'Oliver Kahn et peut-être même un défilé en culotte de peau dans les rues de Munich, la nouvelle vie de Franck Ribéry au Bayern à partir du 29 juin:

. Son rôle sur le terrain: depuis le départ de Michael Ballack à Chelsea l'été dernier, le Bayern n'a plus de meneur de métier et en a beaucoup souffert cette saison. Ribéry, qui a hérité du N.7, devra accélérer le jeu, sortir le Bayern d'un schéma unidimensionnel et, aussi, apporter un soupçon de folie bien française.

L'ancien Marseillais devrait être associé dans l'entre-jeu à Mark van Bommel, récupérateur très physique, Bastian Schweinsteiger, à l'aise sur le flanc gauche, et le nouveau venu Argentin José Ernesto Sosa.

"Je suis un joueur de couloirs, à droite ou à gauche, peu importe: j'aime les duels, créer des espaces, centrer aussi et bien sûr marquer", a souligné Ribéry, 24 ans.

. Dans le vestiaire: à la différence de Luca Toni --troisième Italien à évoluer au Bayern après les "obscurs" Ruggiero Rizzitelli (1996-98) et Antonio di Salvo (2000-01)--, Ribéry ne sera pas seul. Son coéquipier en sélection, Willy Sagnol, qui lui faisait la réclame du Bayern depuis la Coupe du monde, et Valérien Ismaël, seront là pour l'aider dans ses premiers pas en Bavière.

"J'ai déjà l'expérience d'un championnat étranger, en Turquie. Je sais à quoi m'attendre", a admis Ribéry, qui ne s'inquiète pas de ne pas parler la langue.

"Le plus important, c'est de se comprendre sur le terrain et de garder le sourire", a-t-il insisté: après neuf ans au Bayern, Bixente Lizarazu ne baragouinait que quelques mots d'allemand, ce qui ne l'a pas empêché de s'imposer et de s'épanouir.

. L'entraîneur: Felix Magath, limogé en janvier, était autoritaire, évitait les discussions avec les joueurs --même allemands-- et imposait un schéma de jeu très rigide. Ottmar Hitzfeld est beaucoup plus ouvert, mais le technicien a déjà indiqué qu'une fois la reconstruction du Bayern achevée, il tirera sa révérence en juin prochain.

. La Bundesliga: souvent moqué, le Championnat d'Allemagne fait pourtant pâlir d'envie la Liga espagnole, la Premiere League anglaise et la Serie A italienne par sa fréquentation moyenne (40.000) et le nombre de buts marqués (2,73 par match).

Le championnat se résume vite à un duel entre le Bayern et Brême, avec Schalke 04 jamais très loin et un empêcheur de tourner en rond, Stuttgart cette saison, Hambourg en 2005-06.

. Le Bayern, ce monument: c'est le club le plus titré d'Allemagne (20 titres de champion, 13 Coupes, 4 victoires en Ligue des champions), mais c'est aussi le plus surveillé, jalousé, détesté aussi. Ses supporteurs ne sont pas aussi virulents que ceux de Galatasaray et de Marseille: cette saison pourtant, la plus mauvaise depuis plus de dix ans, ils ont manifesté leur "colère" par quelques sifflets.

Le plus difficile à gérer sans doute pour Ribéry sera les commentaires et critiques des ex-stars du club, les Franz Beckenbauer et Paul Breitner, voire de son capitaine, Oliver Kahn, qui disputera sa dernière saison.

"Vul-Kahn", 38 ans, crie parfois, fait souvent la tronche et dit même parfois bonjour", a récemment plaisanté Mehmet Scholl.

Le Bayern a aussi son folklore, le passage obligé par la fête de la Bière en octobre et le défilé en culotte de peau avec apparition aux fenêtres de l'hôtel de ville pour célébrer les titres.

. La ville: la capitale de la Bavière est bourgeoise, paisible, verte et presque... méditerranéenne, idéal pour les Ribéry, Franck et Wahiba (et leur fille Hizia), dont les journaux populaires allemands rappelaient largement vendredi les origines modestes.