Les spécialistes prédisaient à Laurent Blanc, son extraordinaire vision de jeu, son calme et son influence sur l'équipe de France qui régnait sur le monde (1998-2000), une destinée d'entraîneur, mais il aura finalement attendu quatre ans et un appel de Bordeaux pour enfin se lancer.

Ses premiers mots, pour confirmer un transfert acquis depuis plusieurs jours mais que le club ne voulait pas révéler, sonnent d'ailleurs comme un rappel de sa promesse électorale par un candidat élu: "Je veux être l'entraîneur qui permette à un groupe de qualité d'aller plus haut".

Après la rumeur Nantes de l'automne, après les bruits divers l'envoyant sauver son club formateur, Montpellier, menacé de relégation en National, ou le plaçant plusieurs fois à la barre de l'Olympique de Marseille dès que le timonier en place tanguait, après que son nom eut circulé en 2004 pour le poste de sélectionneur, le "Président" va s'asseoir pour de bon sur un banc, à 41 ans.

Il a choisi celui de Bordeaux, à la satisfaction de la chaîne M6, propriétaire du club, qui voulait un entraîneur avec un nom porteur pour remplacer Ricardo, parti à Monaco. Mais si l'immense carrière de "Lolo" parle pour lui, il n'a jamais pris les rênes d'une équipe et le pari semble risqué, pour les Girondins comme pour le Cévenol - il est de Rousson, près d'Alès.

Il veut "énormément de responsabilités"
Jean-Pierre Papin a fait ses armes en Division d'Honneur avec le FC Bassin d'Arcachon avant de prendre en mains Strasbourg en L2. Antoine Kombouaré avait commencé avec la réserve du Paris SG avant de présider aux destinés d'un groupe pro (Strasbourg aussi) et de s'affirmer à Valenciennes. Mais Laurent Blanc n'a pas encore exercé le métier d'entraîneur.

Il a forcément appris auprès des Kasparov du football qu'il a côtoyés, d'Aimé Jacquet à Alex Ferguson, mais il n'a pas encore pu mettre en application ce savoir.

Blanc a passé avec succès le diplôme d'Etat en mai 2006 (avec Kombouaré, Laurent Banide ou Lionel Charbonnier) et sa carrière de joueur passé par les plus grands clubs du monde (Barcelone, Inter Milan, Manchester United) offre un préjugé favorable à une carrière de technicien doué.

Blanc a aussi suivi pendant deux ans une formation "très enrichissante" de manageur général de club sportif. Il avait expliqué en décembre dernier vouloir exercer cette fonction de manageur à l'anglaise, qui concentre beaucoup de pouvoirs au sein du club.

"Je pense que l'entraîneur dans un club français n'a pas assez d'importance, expliquait-il, réclamant "énormément de responsabilités" pour l'entraîneur afin "de pouvoir les tenir jusqu'au terme du projet".

Lolo, qui a connu les grands championnats européens (Espagne, Italie, Angleterre), gardait un oeil critique sur la Ligue 1 où règne Lyon. "Il faudrait que d'autres clubs renommés comme Marseille, Paris SG ou Monaco soient des concurrents plus difficiles". Il doit maintenant rajouter Bordeaux à la liste.