Un départ d'Arsenal de Thierry Henry, dont les signes s'accumulent, signerait après huit saisons la fin d'une histoire d'amour inaboutie entre le club anglais et son joueur emblématique.

Quand il avait infligé un camouflet au FC Barcelone il y a un an en prolongeant jusqu'en 2011 avec les Gunners, Henry affirmait que le club londonien "n'avait rien à envier" aux Catalans.

Une saison ratée plus tard, pour lui comme pour son équipe, les faits le contredisent. Et il serait périlleux pour Henry de parier sur un exercice 2007/08 jonché de trophées pour Arsenal, confronté à de fortes turbulences internes et une période de restriction budgétaire.

Chacun pourrait trouver un intérêt dans un divorce. En vendant un joueur de 30 ans dont les blessures ont gâché la saison, Arsenal trouverait les fonds dont il a besoin pour recruter.

Pour Henry, un déménagement en Catalogne, offrirait une augmentation salariale et la perspective plus concrète de remporter enfin un trophée européen, motivations plus convaincantes que son mécontentement affiché sur le départ du directeur exécutif David Dein.

L'Angleterre s'agace
Barcelone et ses joueurs ne font guère mystère de leur intérêt. "Tout joueur rêve de jouer avec Henry", dit Ronaldinho. "Pour le bien du club, j'adorerais qu'il joue au Barça l'an prochain", renchérit Lilian Thuram.

Après avoir répété sur tous les tons qu'il était à Arsenal "pour la vie", l'intéressé susurre désormais qu'il n'a pas pris de décision et se risque à une lapalissade qui n'engage à rien: "pour l'instant", il est un Gunner.

Un départ laisserait un goût d'inachevé aux supporteurs comme à Henry, qui, malgré son incroyable total de 226 buts en 369 matches, est toujours en quête du statut d'icône immaculée dont bénéficiait un Patrick Vieira.

En Angleterre, la deuxième saison du feuilleton "Henry partira-t-il à Barcelone?" entache son image. "La saga Thierry Henry pointe le bout de son nez ennuyeux", s'agace le Guardian, irrité par un joueur qui explique "à tout le monde ce qu'il faut faire dans le nord de Londres".

"Arsenal a-t-il besoin d'un joueur dont le coeur ne semble plus à 100% avec lui? Le club ne devrait-il pas capitaliser sur un joueur dont la valeur ne va cesser de diminuer?", demande le Times.

Succession
Cette saison, pour la première fois dans sa longue histoire, l'image de parfaite adéquation que renvoyait le couple Wenger-Henry a semblé abîmée quand Henry a jugé que "la profondeur de l'effectif n'avait rien à voir avec celle d'autres équipes". "Cette équipe n'est pas l'équipe d'un joueur", avait répliqué l'entraîneur.

Plusieurs partenaires d'Henry seraient agacés par leur capitaine qui se considèrerait comme "plus égal que les autres". "Ne me donnez pas le ballon en espérant que je fasse tout le travail. Faites votre part", leur avait demandé Henry en septembre.

Une condescendance mal vécue, venant d'un attaquant qui, usé par une succession d'années gargantuesques, reconnaît lui-même n'avoir pas apporté suffisamment à son club cette saison.

En cas de séparation à l'amiable, il sera temps pour Wenger de se lancer dans la quête d'un successeur au "Roi Henry". Si le Barcelonais Samuel Eto'o semble trop cher et peu enclin à rejoindre les Gunners, Wenger pourrait, selon la presse britannique, se tourner vers David Trezeguet. Ou travailler au retour de l'enfant prodigue, Nicolas Anelka.