L'entraîneur italien Fabio Capello a conduit le Real Madrid à la conquête de sa 30e Liga, son premier titre depuis 2003, en insufflant à ses joueurs la culture de la gagne au détriment du beau jeu.
Le FC Barcelone, champion les deux saisons précédentes, avait réussi à concilier résultats et spectacle. Le Real Madrid a misé sur la seule efficacité, séduisant le public lors des dernières rencontres grâce à ses fins de match renversantes.
Le Real n'avait jamais marqué aussi peu de buts en une saison (63 avant Majorque) depuis 1999-2000 (58). La dernière fois qu'il a été champion, en 2003, il avait marqué 86 buts.
Mais depuis, même s'il continuait d'assurer le spectacle, notamment sous l'influence de joueurs comme Zidane ou Figo, le Real "galactique" se montrait incapable de gagner un trophée.
Le titre conquis dimanche est aussi une victoire personnelle
pour Capello, critiqué à plusieurs reprises et annoncé sur le
départ (viré ou démissionnaire) plus d'une fois cette saison.
Sous contrat jusqu'en 2009, il n'est pas sûr qu'il soit
encore entraîneur du Real la saison prochaine.
"Grand entraîneur"
L'ancien entraîneur de la Juventus Turin a
toujours dit qu'il entendait rester, même s'il a pu
reconnaître après la douloureuse défaite à domicile contre Huelva
juste avant Noël (0-3) qu'il ne savait "pas quoi faire
depuis le banc de touche".
Capello n'a jamais renoncé et sa volonté a fini par toucher les joueurs. "Il a travaillé très dur pour avoir une équipe avec une base solide, qui peut battre n'importe qui", reconnaissait récemment l'entraîneur du Barça, Frank Rijkaard.
"Le caractère de Capello s'est vu: il a eu des moments difficiles mais il est resté ferme. C'est un grand entraîneur", ajoutait celui qui a été sous ses ordres avec le maillot de l'AC Milan.
Mais rien n'a été simple pour le technicien italien.
"Il faut travailler dur, être humbles, unis et retrouver l'esprit du maillot blanc", déclarait-il en juillet 2006 lors de sa présentation officielle au stade Santiago-Bernabeu.
"Je crois que depuis deux ans, cet esprit s'est
perdu", avait ajouté le choix N.1 du nouveau président du
club, Ramon Calderon.
"Sauf un"
La discipline imposée par "maître
Capello" n'a pas été supportée par tout le monde. De
nombreux joueurs se sont plaints au cours de la saison: Ronaldo,
Antonio Cassano, Mahamadou Diarra ou encore Robinho.
Les deux derniers ont encaissé et ont contribué à la conquête de la Liga en finissant très fort la saison.
En revanche, les deux autres, Ronaldo et Cassano, n'ont pas tenu. L'attaquant brésilien a été transféré à l'AC Milan en janvier. Antonio Cassano n'a pas trouvé de club au mercato mais, écarté deux fois pour raisons disciplinaires, il a progressivement disparu de l'équipe.
Ronaldo a très mal vécu sa collaboration avec Capello et ne s'est pas gêné pour lui envoyer quelques piques depuis Milan: "Je remercie tous mes entraîneurs au Real, sauf un". "Je n'aimerais pas que le Real Madrid soit champion pour Capello".
Capello est dur mais pas inflexible. Il a su reconnaître ses erreurs, comme le fut la mise à l'écart de Beckham.
"Il était sage de rectifier", explique-t-il en février lorsqu'il convoque de nouveau le "patient Anglais". Cette décision a eu un double effet salutaire: le retour d'un joueur qui s'est montré décisif en fin de saison et la paix du vestiaire, qui ne comprenait pas la mise à l'écart d'un partenaire très apprécié.
