Strasbourg, Caen, Metz, les trois promus, sont des habitués de la Ligue 1, et en vieux routiers, ils ont préféré la stabilité des effectifs, avec des petites retouches, aux grands chamboulements et recrutements onéreux.

Sacré champion de France de L2 une année après sa relégation, le FC Metz retrouve donc l'élite avec un objectif clair. "On retrouve la L1 et l'objectif c'est de ne plus redescendre. On a vu en L2 que l'exercice financier était difficile. On est content d'y être resté le moins longtemps possible et on ne veut plus y revenir", a affirmé l'historique président du club Carlo Molinari.

"Les coupes sont aléatoires, essayons de bien nous maintenir, estime quant à lui l'entraîneur Francis de Taddeo. La plupart des joueurs ont été reconduits, les contrats de beaucoup jeunes ont été prolongés. C'est un signe aussi que nous avons envie de nous installer dans une forme de continuité. Si cette année, nous donnons des gages de solidité et de sérieux, nous pourrons être plus ambitieux la suivante."

Sur le plan de l'effectif, le FC Metz n'a pu conserver son défenseur Franck Béria mais a pu garder l'international suisse Daniel Gygax prêté l'an dernier par Lille, tout en recrutant un joueur habitué à la L1 comme Cédric Barbosa et tentant un coup avec le Brésilien Matheus Vivian.

"Comme par le passé avec Ribéry"
"L'essentiel du recrutement s'est attaché à des jeunes joueurs en devenir. Nous avons misé, comme par le passé avec Ribéry, sur des jeunes du National. N'oublions pas Baldé qui est jeune. Il a eu une année difficile mais il peut être la bonne surprise du recrutement", ajoute De Taddeo.

A Strasbourg, qui a aussi fait l'ascenseur, on a fait le même raisonnement: il n'y a pas eu de révolution dans l'effectif même si l'intersaison a été mouvementée avec l'éviction de l'entraîneur Jean-Pierre Papin, finalement remplacé par Jean-Marc Furlan, qui dispose de pouvoirs accrus. Avec un budget d'investissement de moins de deux millions d'euros, Furlan a opté pour deux joueurs en fin de contrat, Manuel Dos Santos et James Fanchone, se décidant à ne casser sa tirelire que pour Grégory Paisley, le défenseur qu'il a eu sous ses ordres à Troyes. Le Brésilien Rodrigo va arriver sous forme de prêt mais la priorité est de dégraisser un effectif pour peut être recruter un attaquant confirmé.

Le club pourra également s'appuyer sur ses supporteurs. Le retour en L1 a suscité un fort engouement et le club peut déjà compter sur 8500 abonnés. "Je crois que le public nous suit parce qu'il comprend qu'un travail sincère est effectué au club. On s'est gardé de formuler des fausses promesses ou de recourir à des effets de manche", a affirmé au journal L'Alsace le président Philippe Ginestet. "On fait des efforts. C'est une saison charnière. Car il est essentiel de se maintenir".

"On ne recrute pas pour recruter"
A Caen qui avait fonctionné avec un effectif restreint en L2, on a aussi conservé l'ossature mais fait appel à plusieurs joueurs confirmés: le Troyen Sébastien Nivet, l'attaquant lensois Issam Jemaa, (prêté), l'ancien international suédois Karl Svensson, ou Juan Eluchans, champion d'Argentine 2002.

"On ne recrute pas pour recruter. On recrute des joueurs qui sont normalement supérieurs à ceux qu'on a. Sinon, c'est un manque de respect pour ceux qui ont acquis la montée", a affirmé Franck Dumas. Le club devra aussi tenter de conserver une de ses pièces maîtresse, son international espoir Yoan Gouffran, très courtisé. Là aussi, l'idée des dirigeants est de pérenniser le club en L1. Fred Deschamps, responsable du recrutement analyse ainsi la situation sur le site internet du club (www.smcaen.fr): "Le bilan, on le fera fin mai 2008. Un recrutement n'a de valeur qu'à la fin de la saison. Si le SM Caen se maintient en Ligue 1, on pourra dire que c'était un bon recrutement, si ce n'est pas le cas, on dira qu'il a été mauvais."