Successivement 4e, 7e puis encore 4e en ayant laissé filer un parcours initiatique en Ligue des champions lors de la dernière minute du dernier match de L1, l'anonyme Rennes, qualifié en Coupe de l'UEFA et en quête de prestige national, redécouvre tout juste le sens du mot ambition.

"Bien sûr que l'attractivité du club est en hausse", clame même le manageur du club breton Pierre Dréossi, habituellement plus discret. "Jouer l'UEFA est un élément qui doit compter et j'espère que toute cette stabilité aidera le club à continuer son chemin".

Qui peut en effet nier que le club de la capitale bretonne fait désormais partie des outsiders du Championnat de France derrière l'OL.

"Si l'on demande à tous les clubs qui finira dans les cinq premiers, je pense que l'on ne citera jamais Rennes", parie pourtant le stratège, désireux avant tout de s'enlever un peu de pression.

"Rennes, c'est un sacré client", le contredisait pourtant encore samedi l'entraîneur de Bordeaux Laurent Blanc, vraisemblablement comme plusieurs de ses collègues de L1.

Malgré un début de championnat catastrophique en 2006 (1 point sur 12 possibles au mois d'août), les Rouge et Noir avaient en effet impressionné par leur solidité (2e défense du championnat derrière Lyon).

Pourtant, le palmarès n'a pas grossi depuis la Coupe de France 1971, au grand dam de François Pinault, le mécène arrivé en 1998.

Recrutement ambitieux
Le recrutement effectué à l'intersaison en dit néanmoins assez long sur les ambitions nouvelles du club.

En parvenant à attirer Mickaël Pagis (Marseille), Jérôme Leroy (Sochaux), Rod Fanni (Nice), des valeurs sûres de la L1, Petter Hansson (Hereenven/NED), international suédois courtisé par la Fiorentina (Italie), Rennes a montré qu'il devenait attirant.

Et les prolongations de contrat des très convoités John Mensah, Etienne Didot, et Jimmy Briand, appelé chez les Bleus par Raymond Domenech, n'ont fait que confirmer ce nouveau statut de "club ambitieux", dont les jeunes pousses du centre de formation sont les meilleures depuis deux ans.

Quant à John Utaka, s'il est parti pour l'Angleterre, il l'a fait à un prix plus que valorisant pour le travail effectué en Bretagne. Signe que, dans un marché contracté, Rennes sait aussi se faire respecter à l'étranger...

Logiquement, l'objectif secret est donc encore de décrocher l'Europe par le championnat, tout en évitant dans les Coupes nationales des éliminations prématurées et honteuses, comme celle contre Romorantin (Nat) et Reims (L2) l'an passé.

Progression financière
En UEFA, les dirigeants aimeraient faire mieux qu'il y a deux ans, et donc passer au moins la phase de poules pour, pourquoi pas, s'offrir un printemps.

Inspirée par l'exemple lyonnais de la fin des années 90, la progression bretonne se traduit également en termes financiers. Le prochain budget devrait ainsi atteindre quelque 43 millions d'euros, situant le club breton soutenu par le richissime patron du groupe PPR au 8e rang de la hiérarchie hexagonale en la matière.

Il semble qu'il ne manque finalement qu'une petite ligne de palmarès pour booster définitivement la petite et ronronnante institution bretonne en cylindrée avec turbo.

Mais la notoriété ne s'acquiert pas en un jour et le club n'a pu retenir Mario Melchiot, rappelé à Wigan par le doux bruit des livres sterling.

Pas plus qu'il n'a pu faire revenir de Lyon son fils prodige Sylvain Wiltord pour ne pas avoir su ou voulu rassasier la gourmandise légendaire de l'international.