Difficile d'obtenir un bilan plus rentable: depuis le début de saison de Ligue 1 de football, Nancy c'est zéro recrue et deux victoires, ou comment obtenir des résultats sans se ruiner sur le marché des transferts.

L'ASNL, qui a l'occasion de rester dans le peloton de tête en accueillant Nice jeudi, a pourtant perdu l'un de ses meilleurs joueurs à l'intersaison, le défenseur central Pape Diakhaté, parti pour le Dynamo Kiev.

Il n'a pas été remplacé et comme Nancy ne recrutait pas, beaucoup prédisaient de sévères déconvenues au club lorrain. Résultat: une victoire surprise à Rennes pour l'ouverture du championnat (2-0) et une deuxième face à Caen (1-0).

"C'est vrai qu'on ne voit pas souvent de telles intersaisons. En général on profite de ces périodes pour ajouter des joueurs, mais cette année nous avons fait un autre choix", explique l'entraîneur nancéien Pablo Correa.

Les dirigeants nancéiens ont en fait devancé l'appel en faisant leur marché l'hiver dernier lors du mercato: les attaquants Youssouf Hadji et Marc-Antoine Fortuné avaient ainsi rejoint l'ASNL en janvier, de même que le gardien Damien Grégorini.

Long terme
"C'est marrant parce qu'aujourd'hui avec deux victoires en deux journées, ça devient un avantage alors que pendant tout l'été, les gens fustigeaient notre manque d'ambition parce que nous n'avions recruté personne", rappelle le gardien Gennaro Bracigliano.

"Nous avons toujours dit que nous avons un groupe assez solide et compétitif, ajoute le défenseur central Sébastien Puygrenier. Les joueurs se connaissent par coeur et nous avons peut-être gagné un peu de temps pour ce début de saison. Les automatismes viennent plus vite."

Nancy n'en est pas à son coup d'essai: avec là encore très peu de mouvements à la même époque l'an dernier, Nancy avait réussi un excellent début d'exercice, 2e après 12 journées avant de marquer le pas.

La philosophie maison est basée sur le long terme plutôt que sur des grands chamboulements tous les ans. Ainsi, le président Jacques Rousselot propose régulièrement des prolongations de contrat à ses joueurs, qui sont pour la plupart liés à l'ASNL jusqu'en 2010 ou 2011.

"J'aime bien la phrase de Raynald Denoueix: +Chaque joueur a un prix, deux joueurs ont un prix, mais la relation qu'il y a entre deux joueurs, elle, n'a pas de prix+. Ce qu'il y a entre nous n'a pas de prix, c'est le résultat de quelques années de vie commune, de résultats obtenus en commun. C'est un choix qui a été fait de la part des dirigeants et nous sommes en train d'en recueillir les fruits", conclut Bracigliano.