César Luis Menotti fait partie du Who's who de la Planète foot. Champion du monde avec les Albicelestes lors d'Argentine 1978, entraîneur de plusieurs grands clubs et instigateur d'un style offensif qui a influencé nombre de ses confrères, cet homme est une personnalité respectée, une référence indiscutable.
Bien entendu, c'est dans son Argentine
natale qu'il a laissé les meilleurs souvenirs. Car sous sa
houlette, l'équipe nationale a enfin brandi le trophée
suprême... Mais il est un autre pays où ce technicien est tenu en
haute estime : le Mexique. Menotti a été aux commandes de la
Tricolor entre 1991 et 1992, deux années à l'origine
du changement le plus important dans la sélection aztèque.
Un retour attendu
Quand
El Flaco ("le maigre") entre en fonctions, la
sélection mexicaine traverse l'une des périodes les plus noires
de son histoire. Encore sous le choc de sa non participation à
Italie 1990, elle a dû se contenter d'une modeste troisième
place à la Gold Cup, suite à sa défaite en demi-finales face aux
Etats-Unis.
Le premier travail de Menotti est d'offrir une cure de jouvence à un groupe où subsitent encore de nombreux vétérans de la campagne 1986, soldée par une belle sixième place. Fraîchement débarqué, le sélectionneur fait alors appel à de nouvelles têtes qui vont bientôt devenir célèbres, parmi lesquelles Jorge Campos, Luis García et Ramón Ramírez.
Avant les éliminatoires de la CONCACAF, les Tricolores partent pour une tournée européenne ; l'occasion pour Menotti d'entreprendre son grand chantier : changer la mentalité du joueur mexicain. Grâce au discours de leur nouveau gourou, les nouveaux internationaux acquièrent la certitude qu'ils ont les moyens d'affronter et de battre les meilleures équipes du monde.
Parallèlement à ses obligations fédérales, le stratège argentin multiplie les échanges avec la nouvelle génération d'entraîneurs mexicains. C'est du reste l'un d'entre eux, Miguel Mejía Barón, qui lui a succédé lorsqu'il a présenté sa démission suite à un changement à la tête de la fédération mexicaine. Depuis, son retour en terres aztèques a été plusieurs fois évoqué, sans jamais se matérialiser vraiment... jusqu'à aujourd'hui.
A la rescousse
Quinze ans après son départ, Menotti revient au Mexique pour
entraîner les Tecos, modeste équipe gérée par l'Universidad
Autónoma de Guadalajara. Ce club se maintient à flots grâce à une
politique de recrutement astucieuse, mais il est aujourd'hui
menacé de relégation. Après quatre journées de championnat, qui se
sont soldées par trois revers et un nul, il est 15ème sur 18.
A 68 ans, El Flaco se juge capable de relever ce nouveau défi, qui n'aura rien d'une partie de plaisir. "Ce retour au Mexique s'est présenté comme une opportunité que je devais saisir, moi qui avais été aux commandes de l'équipe nationale. Pour moi, c'était une motivation. Je sais quelles sont les échéances immédiates. Je ne vis pas dans un rêve, mais dans la réalité. Et la réalité, c'est qu'il va falloir travailler vite."
Cela fait quatre semaines que l'ancien sélectionneur argentin a pris ses nouvelles fonctions. Le travail de reconstruction n'est pas facile, mais progressivement, les résultats commencent à se faire sentir. A la tête des Tecos, l'Argentin a enregistré une victoire, un nul et deux défaites. Plus important encore, l'équipe s'imprègne petit à petit du style Menotti.
La partie la plus importante du championnat restant à venir, il est trop tôt pour tirer des conclusions quant au bilan de Menotti. De plus, cela peut paraître paradoxal, mais même si le temps presse, il faut du temps pour gagner. "C'est difficile. Je suis très exigeant, je ne crois pas aux miracles. Je crois aux équipes qui se forment avec les heures d'entraînement, de travail. Il faut beaucoup de temps pour former un groupe soudé."
Menotti va-t-il parvenir à tirer les Tecos du marasme ? Cela reste à voir, mais en tout cas, son retour prouve, si besoin était, toute la valeur du football mexicain.
