Météorique... Voilà le premier mot qui vient à l'esprit pour qualifier la carrière de José Andrés Guardado. A tout juste 21 ans, ce milieu de terrain mexicain a fait ses débuts avec le Deportivo La Corogne deux ans et six jours après son baptême du feu en première division mexicaine, avec Atlas. Durant ce court intervalle, ce garçon né à Guadalajara a trouvé le temps de disputer une Coupe du Monde de la FIFA, une Copa América et une Gold Cup de la CONCACAF...
Son transfert, qui a coûté sept millions d'euros au club galicien, a établi un record pour le football mexicain, mais sa cote ne cesse de grimper. Tout en poursuivant son adaptation à sa nouvelle équipe, il continue d'être régulièrement convoqué par le sélectionneur national Hugo Sánchez. FIFA.com s'est entretenu en exclusivité avec la perle aztèque.
Comment se passe votre adaptation en Espagne ?
Très bien. Je me sens de plus en plus à l'aise dans
l'équipe. Sinon, je me sens très bien à La Corogne. Je suis
très heureux ici.
Sauf que votre nouveau club n'a pas réussi son début de
championnat. Qu'arrive-t-il au Deportivo ?
On a eu du mal à débuter la saison, mais on reste sereins. On
a cinq points, mais il n'y a que trois points de différence
entre le 18ème et le septième
(ndlr : interview réalisée avant la septième journée). On
va remonter sur les prochains matches. On sait qu'on va devoir
jouer de grosses équipes comme Séville
(ndlr : que le Depor a battu 1:0 ce dimanche, passe décisive de
Guardado), Valence ou le Real Madrid. Mais on espère profiter
de ces matches pour améliorer notre classement. En obtenant de bons
résultats contre ces équipes, le groupe gagnerait en confiance et
en motivation.
L'objectif du Depor est donc de retrouver la tête du
classement...
C'est le but, oui. On veut retrouver la dynamique
victorieuse du Depor. Peut-être que cet objectif semble un peu
lointain pour l'instant, mais on est encore en phase
d'adaptation. Il y a beaucoup de jeunes joueurs dans
l'équipe. Petit à petit, on prend confiance et on s'adapte
à ce que nous demande Lotina pour engranger de la confiance et des
victoires.
Vous avez reçu plusieurs offres dans le football européen.
Pourquoi avoir choisi la Liga espagnole ?
C'est le championnat le plus attrayant et le plus
offensif du monde. Pour moi, c'était très important
d'arriver directement en Espagne. J'ai reçu des offres
d'autres clubs peut-être plus huppés, qui jouent la Ligue des
champions, mais moi, je voulais venir ici et je ne regrette pas ma
décision.
Vous avez déjà joué une Coupe du Monde, une Copa América,
une Gold Cup... Comment un joueur aussi jeune digère-t-il un début
de carrière aussi intense ?
Il faut essayer de rester constant dans le travail. J'ai
eu la chance de participer à plusieurs grosses compétitions
internationales très importantes, ce qui m'a apporté beaucoup
de maturité en tant que professionnel, malgré mon jeune âge. Bien
entendu, il y a toujours des secteurs à améliorer et j'ai
encore beaucoup de choses à apprendre. J'essaie d'assimiler
tout ça avec humilité et de ne pas me laisser endormir. Il me reste
encore beaucoup de progrès à faire pour atteindre mes nombreux
objectifs.
Dans l'avenir immédiat, quels sont ces objectifs
?
Avec la sélection, j'espère disputer les Jeux Olympiques
et remporter une médaille. Avec mon nouveau club, j'espère
faire une bonne saison et améliorer notre place de l'an dernier
(ndlr : le Depor a terminé 13ème de la dernière Liga).
Que vous a appris l'aventure d'Allemagne 2006
?
Cette compétition a été une aventure très intense, qui
m'a apporté beaucoup de maturité. J'ai surtout rentabilisé
au maximum la phase de préparation. J'ai vu comment on fait
vivre un groupe ensemble. J'ai beaucoup appris en termes
tactiques. Cette expérience m'a beaucoup aidé en tant que
professionnel.
Lors de la dernière Gold Cup, le Mexique s'est incliné
en finale face aux Etats-Unis. Les Américains ont-ils vraiment
beaucoup progressé ou les
Tricolores ont-ils perdu de leur puissance ?
Les Américains se sont beaucoup améliorés. Il n'y a
qu'à voir les difficultés que rencontrent les Mexicains pour
aller gagner chez eux. Cette finale s'est jouée sur des
détails. On menait au score et on a commis des erreurs qui nous ont
coûté le match. Je crois même qu'on est supérieurs aux
Américains. On l'a montré au niveau international, que ce soit
en Copa América ou à la Coupe du Monde.
Ressentez-vous une grosse différence entre Ricardo La Volpe
et Hugo Sánchez ?
Ce sont deux entraîneurs très différents, que ce soit sur le
plan footballistique ou sur le plan humain. Nous, les joueurs, on
doit essayer de s'adapter aux nouveaux schémas et de gagner la
confiance du nouvel entraîneur. Je me sens très à l'aise avec
Hugo et je le remercie de me faire confiance sur la durée. Mais je
dois aussi beaucoup à La Volpe, avec qui j'ai beaucoup appris.
Je lui serai toujours reconnaissant de m'avoir donné ma chance
en sélection.
De plus en plus de joueurs mexicains font leurs valises
pour tenter leur chance à l'étranger. Comment expliquez-vous
cette tendance ?
Les mentalités sont en train de changer au Mexique
et en même temps, le football mexicain est perçu différemment. Les
joueurs, qui, comme moi, sont partis, ont démontré leurs qualités
dans les championnats étrangers. Cette prise de conscience ouvre
des portes aux jeunes qui ont de l'envie et du talent.
