Ancien Joueur de l'année en Angleterre, Steve Nicol a pratiquement tout connu dans sa carrière de joueur : la Coupe du Monde de la FIFA avec l'Ecosse et, surtout, des victoires en pagaille sous les couleurs de Liverpool. Dans les années 80, les Reds dominaient le football européen, ce qui a permis à Nicol de remporter une Coupe d'Europe des Clubs Champions, la FA Cup et de nombreux titres de champion d'Angleterre. Habitué à gagner, l'ancien international écossais a donc plutôt mal vécu de devoir attendre cinq ans avant de remporter son premier trophée à la tête de New England Revolution.

Mais, après avoir connu trois défaites consécutives en finale de la MLS, les Revs de Nicol ont enfin décroché leur premier titre, en remportant l'édition 2007 de l'US Open Cup. En douze ans d'existence, le club de Boston n'avait encore jamais rien gagné, ce qui explique sans doute l'importance que revêt cette victoire aux yeux des supporters.

Le technicien écossais a bien voulu répondre aux questions de FIFA.com. Il revient pour nous sur ce succès historique et les perspectives de son équipe à l'approche des play-offs de la MLS, avant de nous livrer son sentiment sur l'évolution du football aux Etats-Unis, la renaissance de la sélection écossaise et la façon dont Rafa Benítez gère son effectif à Liverpool.

Le fait d'avoir enfin remporté un trophée va-t-il vous permettre d'aborder les play-offs dans un état d'esprit différent ?
La différence est de taille ! Ce n'est jamais agréable de perdre et nous avons perdu trois finales d'affilée. Comme vous pouvez l'imaginer, personne ici n'a apprécié cette expérience. Je peux donc vous dire que cette victoire nous a vraiment remonté le moral. C'est un atout précieux au moment d'aborder les play-offs.

Vous devez être soulagé d'avoir enfin gagné quelque chose, après être passé si près de l'exploit à trois reprises ?
J'étais triste pour mes joueurs. Nous sommes pourtant sortis vainqueurs de notre conférence [Ndlr: la MLS est divisé en deux conférences, est et ouest] à trois reprises, mais ces finales perdues commençaient à peser sur les esprits. Ils méritaient vraiment de connaître autre chose et je suis ravi pour eux.

Les New York Red Bulls possèdent un entraîneur d'expérience en la personne de Bruce Arena. Ils peuvent également s'appuyer sur des joueurs comme Juan Pablo Angel ou Claudio Reyna. Allez-vous aborder ce match différemment de ceux que vous avez disputés au cours de la saison régulière ?
D'une manière générale, lors de play-offs, le but est d'éviter de se trouver dans une situation difficile à l'issue de la première manche. Personne n'aime disputer des matches retour sans enjeu. Pendant la saison régulière, on joue pour prendre des points. En play-off, l'objectif est de maintenir ses espoirs de qualification intacts le plus longtemps possible. Il faut donc être un peu plus prudent. Bien sûr, nous attaquerons quand l'occasion se présentera, mais il faudra avant tout penser à bien défendre et éviter de se retrouver dans des situations difficiles.

A 23 ans, Michael Parkhurst est considéré comme l'un des meilleurs défenseurs de la MLS. Il est régulièrement appelé en équipe nationale. Quel rôle joue-t-il au sein de votre équipe ?
C'est la clé de voûte de notre défense. Nous avons mis en place une défense à trois et il lui revient d'organiser notre placement. Il a beaucoup de talent et il garde son calme en toutes circonstances. Il a exactement le genre d'attitude qui convient pour ce poste. Un défenseur ne peut pas se permettre d'être top relâché, mais il ne faut pas perdre ses moyens à la première alerte non plus.

Il évolue à un poste que vous connaissez bien. Lui donnez-vous quelques conseils de temps en temps ?
Il sait très bien se débrouiller tout seul. A l'occasion, je lui glisse un petit mot, parce que j'ai moi-même beaucoup joué en défense mais, franchement, il n'a pas besoin qu'on lui dise quoi faire sur un terrain.

Taylor Twellman marque régulièrement avec Revolution. Comment expliquez-vous qu'il ne parvienne pas à s'imposer en équipe nationale ?
Ici, toute l'équipe joue pour lui. Nous profitons de ses appels de balle, de son jeu de tête et de son efficacité dans les derniers mètres. Notre stratégie consiste à le servir dans les meilleures conditions, car nous savons pouvoir compter sur lui. Le sélectionneur fait des choix différents.

On pensait que le départ de Clint Dempsey à Fulham allait vous poser des problèmes. Finalement, cela n'a pas été le cas.
Nous avons déjà dû faire sans lui, lorsqu'il était blessé ou retenu en équipe nationale. Pat Noonan et Andy Dorman ont parfaitement joué leur rôle et toute l'équipe a haussé son niveau de jeu pour compenser son absence.

Que pensez-vous de l'actuelle équipe de Liverpool et de la façon dont Rafa Benítez gère son effectif ?
Je ne suis pas fan. Je comprends qu'il essaye de faire tourner son effectif pour que les joueurs restent frais tout au long de la saison. Malheureusement, il se peut très bien qu'il n'y ait plus rien à jouer pour eux au printemps prochain. Arsenal, qui ne change son onze de départ qu'en cas de nécessité, reste en tête du classement pour l'instant. Pour être franc, je ne suis pas convaincu par cette histoire de turn-over. Ceci étant dit, si Benítez a gagné la Ligue des champions, c'est que ses méthodes marchent.

L'Ecosse semble bien partie pour se qualifier pour l'Euro 2008. Vous suivez un peu ses résultats ?
Evidemment ! Tenez, on va jeter un coup d'œil au score... Oh, non, on est menés à la pause [Ndlr: cet entretien a été réalisé le soir de la défaite 0:2 des Ecossais en Géorgie] ! Quand le tirage au sort a eu lieu, nous étions vraiment au fond du trou. Alors, quand nous sommes tombés sur la France et l'Italie, beaucoup de gens ont pensé que c'était fini pour nous. Mais, aujourd'hui, nous pouvons encore nous qualifier en battant l'Italie pour notre dernier match. Si nous y parvenons, tant mieux. Sinon, nous aurons au moins réussi à remonter un peu au classement mondial, ce qui devrait nous permettre d'obtenir un meilleur tirage au sort la prochaine fois. Mais rien n'est joué. Nous avons battu la France deux fois, alors pourquoi pas l'Italie ?

Où situeriez-vous la MLS sur l'échiquier international ?
Ce n'est pas la Premier League, la Bundesliga ou la Serie A, mais je pense que nous avons le niveau pour rivaliser avec la plupart des équipes de Ligue 1. Pour un championnat qui n'a que douze ans, ce n'est déjà pas si mal.